«L’engagement à appliquer la loi n° 2025-18 du 22 décembre 2025, portant dispositions exceptionnelles pour le recrutement des diplômés de l’enseignement supérieur en situation de chômage de longue durée dans le secteur public et la fonction publique, est non négociable et ne saurait faire l’objet ni de débat, ni d’interprétation, ni d’analyse», a affirmé le ministre de l’Emploi et de la Formation professionnelle, Riadh Chaoued.
Lors d’une séance plénière tenue le 10 avril 2026 à l’Assemblée des représentants du peuple (ARP), le ministre a souligné que l’engagement de l’État à respecter cette loi et à en assurer l’application intégrale constitue une obligation ferme, sans possibilité de retour en arrière.
S’agissant de la mise en œuvre de la loi et des délais nécessaires à son entrée en vigueur, il a précisé que la supervision de la plateforme numérique a été confiée au ministère de la Formation professionnelle. «La conception de cette plateforme se fait en coordination avec le ministère des Technologies de la communication. Celle-ci est actuellement en cours de développement», a-t-il indiqué.
Le ministre a toutefois insisté sur le fait que la mise en place de cette plateforme constitue un processus complexe, nécessitant l’intégration de nombreuses données. «La loi étant récente, son application repose sur la digitalisation complète du processus, incluant l’interopérabilité avec différentes structures publiques. De ce fait, l’opération est loin d’être simple», a-t-il expliqué.
Il a également ajouté que l’application de la loi requiert l’adoption de textes réglementaires, notamment pour établir un classement des candidats sur la base de critères objectifs et quantifiables, tels que la durée du chômage et l’âge.
«Il est préférable de prendre le temps nécessaire pour garantir une mise en œuvre rigoureuse et efficace de la loi, plutôt que de précipiter son application au risque d’en négliger des aspects essentiels», a-t-il estimé.
En outre, le ministre a rappelé que le bénéfice des dispositions de cette loi est conditionné par plusieurs vérifications, auxquelles le gouvernement s’engage pleinement.
Recrutement des diplômés chômeurs : un engagement réaffirmé par le Président de la République
Le discours du ministre de l’Emploi et de la Formation professionnelle relatif à la loi sur le recrutement des diplômés de l’enseignement supérieur en situation de chômage de longue durée s’inscrit dans le prolongement direct et vient en écho aux déclarations du Président de la République, Kaïs Saïed.
En effet, à l’occasion de la cérémonie marquant le 88ᵉ anniversaire de la Fête des Martyrs, tenue le 9 avril 2026, le Chef de l’État a rencontré un groupe de diplômés de l’enseignement supérieur en situation de chômage.
Ces derniers ont notamment appelé à l’accélération de la mise en œuvre de la loi n°18 de l’année 2025, relative aux dispositions exceptionnelles pour leur recrutement dans le secteur public et la fonction publique.
Dans ce contexte, le Président de la République s’est voulu rassurant, affirmant que les concernés «obtiendront pleinement leurs droits». Il a souligné que cette question dépasse le cadre individuel pour concerner l’ensemble du peuple tunisien, soulignant la nécessité de garantir des droits fondamentaux, au premier rang desquels le droit au travail et à la santé.
À ce sujet, le Chef de l’État a réaffirmé son engagement en déclarant : «Lorsque je fais une promesse, je la tiens».
Par ailleurs, il a indiqué que les efforts se poursuivent de manière continue afin de concrétiser ces engagements. Dans cette optique, le Président de la République a précisé que les travaux relatifs à l’élaboration des textes réglementaires sont en cours.
Les grandes lignes
À ce titre, il convient de rappeler que la loi n° 2025-18 du 22 décembre 2025, instaurant un dispositif exceptionnel de recrutement destiné aux diplômés de l’enseignement supérieur en situation de chômage de longue durée au sein du secteur public et de la fonction publique, a été publiée au Journal officiel de la République tunisienne (JORT), le 23 décembre 2025.
Supervisée par le ministère de l’Emploi et de la Formation professionnelle, cette initiative vise à apporter une réponse structurée, progressive et ciblée à une problématique sociale majeure.
Au cœur de ce dispositif figure la mise en place d’une plateforme numérique dédiée, destinée à recenser les candidats et à centraliser leurs données. Les postulants y sont classés selon des critères objectifs, notamment l’âge, avec une priorité accordée aux plus de 40 ans, l’ancienneté du diplôme (supérieure à 10 ans), la situation familiale (un seul bénéficiaire par famille), ainsi que la situation sociale.
Pour bénéficier de ce mécanisme, les candidats doivent satisfaire à plusieurs conditions, dont l’inscription préalable auprès des bureaux de l’emploi, l’absence de régularisation professionnelle antérieure, ainsi que le respect de certaines exigences d’ordre fiscal et social. Ces critères visent à garantir que le dispositif cible effectivement les personnes les plus touchées par le chômage de longue durée.
La loi précise également que le recrutement s’effectue sur dossier, suivi d’une phase de qualification adaptée aux postes proposés. Les affectations sont réalisées en fonction des besoins du secteur public, tout en veillant à une répartition équilibrée entre les différentes spécialités.
Par ailleurs, la mise en œuvre du dispositif est prévue de manière progressive, sur une période maximale de trois ans à compter de la publication de la loi. Ainsi, les données des candidats inscrits sur la plateforme font l’objet d’une actualisation annuelle, afin d’assurer la fiabilité et la pertinence du processus.
Nouha MAINSI
