L’Agence nationale pour l’emploi et le travail indépendant (ANETI) a officiellement lancé, le 15 avril 2026, le Référentiel tunisien des métiers et des compétences (RTMC), à l’occasion d’un événement organisé en partenariat avec l’Organisation internationale pour les migrations (OIM).
Élaboré par l’ANETI, avec l’appui de l’OIM, ce dispositif bénéficie d’un financement de l’Union européenne, ainsi que du ministère de l’Intérieur italien. Dans ce cadre, l’OIM a précisé que cette initiative s’inscrit dans le projet THAMM Plus intitulé «Pour une approche globale de la gouvernance des migrations et de la mobilité de la main-d’œuvre en Afrique du Nord».
Dans le prolongement de ces efforts, l’Union européenne en Tunisie a mis en avant la portée stratégique de cette nouvelle version du RTMC, qu’elle qualifie de plateforme en constante évolution.
«Regroupant plus de 500 métiers et plus de 15.000 compétences identifiées, ce référentiel constitue aujourd’hui un socle essentiel pour renforcer la cohérence des politiques publiques en matière d’emploi, de formation et de développement économique», a indiqué l’Union européenne en Tunisie.
Par ailleurs, dans un communiqué, la délégation de l’Union européenne en Tunisie a souligné que, au-delà de sa dimension technique, le RTMC s’impose comme un véritable levier stratégique. Il permet non seulement de mieux appréhender les métiers et les compétences, mais aussi d’anticiper les mutations du marché du travail et de favoriser l’émergence d’un langage commun entre les différents acteurs, qu’il s’agisse d’institutions publiques, d’entreprises ou de structures de formation.
Une initiative pour rapprocher chercheurs d’emploi et entreprises
S’agissant de ses objectifs, le Référentiel tunisien des métiers et des compétences (RTMC) se présente avant tout comme une cartographie nationale structurée des métiers et des compétences du marché de l’emploi tunisien. Conçu pour offrir une lecture à la fois claire et stratégique du tissu professionnel, il organise les métiers par domaines d’activité et propose, pour chacun, une description détaillée des compétences attendues, qu’elles soient techniques, comportementales, numériques ou linguistiques.
Dans cette optique, le RTMC constitue un outil d’information et d’orientation essentiel pour les chercheurs d’emploi. Il leur permet de mieux comprendre les métiers, de visualiser les parcours professionnels possibles, de valoriser leurs compétences et d’évaluer leur profil au regard des exigences du marché. Ainsi, il contribue à réduire les écarts entre les qualifications disponibles et les attentes réelles des employeurs.
Parallèlement, ce référentiel renforce l’efficacité des services de l’emploi et des différents acteurs concernés. En facilitant l’intermédiation sur le marché du travail, il améliore les pratiques d’accompagnement et d’orientation, tout en favorisant une meilleure adéquation plus intelligente entre l’offre et la demande de compétences.
Du côté des entreprises, le RTMC représente également un atout stratégique. Il contribue à renforcer la marque employeur, à optimiser les processus de recrutement, à anticiper les besoins en compétences et à améliorer la compétitivité. En apportant une vision plus précise et actualisée du marché du travail, il facilite la prise de décision en matière de gestion des ressources humaines.
À court terme, le RTMC offre aux demandeurs d’emploi comme aux entrepreneurs les moyens de mieux cerner et développer leurs compétences, tout en aidant les entreprises à identifier plus précisément leurs besoins.
À moyen terme, ce dispositif permettra aux institutions de formation et d’éducation d’adapter leurs programmes aux exigences du marché du travail. Grâce à un processus continu de veille et de mise à jour des compétences, assuré par le ministère de l’Emploi et de la Formation professionnelle et l’ANETI, le RTMC s’impose ainsi comme un outil évolutif au service d’une meilleure adéquation entre formation, emploi et développement économique.
Unifier les concepts entre les différents acteurs du marché du travail
Dans cette optique, le ministre de l’Emploi et de la Formation professionnelle, Riadh Chaoued, a souligné que la mise à jour du RTMC, ainsi que son adoption en tant que référence nationale, visent à unifier les concepts entre les différents acteurs du marché du travail.
Lors d’une séance d’audition à l’Assemblée des représentants du peuple (ARP), organisée le 13 avril 2026, le ministre a précisé que, parallèlement au RTMC, son département adopte une approche prospective reposant sur la mise en place d’une plateforme intelligente de veille et d’anticipation. «Celle-ci a pour objectif de suivre l’évolution des métiers et d’identifier les besoins en compétences et en qualifications, tant au niveau national qu’international», a-t-il révélé.
En outre, le ministre a réaffirmé que le secteur de la formation professionnelle constitue un choix stratégique pour la Tunisie, dans la mesure où il contribue à renforcer l’insertion économique et sociale, tout en améliorant la compétitivité des entreprises. «Le nombre de places de formation a atteint 24.097 lors de la session de septembre 2025, contre 22.520 en 2024», a-t-il précisé.
Nouha MAINSI
