Baguette, pain blanc, pain de seigle ou aux céréales… Les recettes varient, tout comme les effets du pain sur la santé. Le pain fait-il grossir ? Faut-il vraiment se méfier du pain ou, au contraire, est-il indispensable d’en manger tous les jours? Tous les pains se valent-ils ? Le bio est-il meilleur pour la santé ?
La famille tunisienne consomme une moyenne de 42 kg de pain par an et la moyenne de la consommation par personne est de 74 kg par an, selon des données de l’Institut national de la consommation, INC. Près de 98% des Tunisiens en mangent, ils l’adorent, le partagent… mais en consomment trop, ils risquent d’avoir des problèmes de santé. Le pain est un élément essentiel à notre alimentation et à notre mode de vie. Nutritivement, il a été démontré qu’une consommation régulière alliée à une alimentation équilibrée est bonne pour la santé. En effet, cela permet un apport en fibres nécessaires au bon fonctionnement du tube digestif. Dans beaucoup de foyers, il est le premier aliment posé sur la table, symbole de partage et de générosité. Avec la réputation de faire gonfler le ventre, le pain est souvent mis de côté lorsqu’on fait attention à sa ligne. Pourtant, les experts rappellent qu’il possède de nombreux bienfaits pour l’organisme. Cet aliment riche en céréales est une excellente source de fibres. Résultat : il est très rassasiant et favorise le bon fonctionnement du transit.
Quelles sont les conséquences d’une consommation excessive de pain ?
Comme pour tous les aliments, une consommation excessive peut engendrer des risques et participe souvent à un modèle alimentaire défavorable à la santé cardiovasculaire. Dr Faouzi Addad, cardiologue, estime que la Tunisie figure parmi les plus gros consommateurs de pain. Mais quels sont ses effets sur la santé ? Sur le plan nutritionnel, le pain blanc est préparé à partir de farine raffinée, appauvrie en fibres et moins rassasiante que les versions complètes. Il apporte principalement des glucides rapidement digestibles, pouvant favoriser des élévations rapides de la glycémie, surtout lorsqu’il est consommé seul ou accompagné de produits sucrés. Dans un contexte de sédentarité et d’excès calorique global, une consommation élevée et répétée de pain blanc peut contribuer au surpoids, à la résistance à l’insuline, au diabète de type 2 età l’hypertension artérielle, notamment lorsque l’alimentation est également riche en sel. Le matin, l’association pain blanc-confiture-pâte à tartiner-boisson sucrée constitue un petit-déjeuner à fort impact glycémique, peu rassasiant à long terme.
Quel est le meilleur pain pour la santé ?
Le Tunisien et le pain, une grande histoire d’amour. Avec une quantité aussi importante, il est donc nécessaire de se poser la question de l’impact du pain sur notre santé afin de choisir le bon type de pain. La meilleure alternative, selon Dr Addad, reste de privilégier le «pain complet ou intégral», plus riche en fibres, vitamines et minéraux. En effet, la farine utilisée pour le pain complet est faite à partir des grains entiers qui conservent leur enveloppe (le son). Or, l’enveloppe est la partie du grain qui contient le plus de fibres. On compte ainsi dans le pain complet environ 2 fois plus de fibres que dans le pain blanc. Or, notre consommation de fibres est souvent insuffisante. Pourtant, les fibres jouent un rôle essentiel afin de réguler notre glycémie, d’éliminer certains éléments toxiques que nous ingérons comme les pesticides et de renforcer notre système immunitaire. Le pain complet est aussi plus riche en vitamine B et en minéraux (fer, manganèse, magnésium, zinc, sélénium…). Ils sont en effet contenus dans l’enveloppe du grain mais aussi dans le germe qui est détruit lors du processus de raffinage. Les études montrent qu’une consommation plus importante de céréales complètes est associée à un risque plus faible de diabète de type 2 et de maladies cardiovasculaires. Mais le point essentiel reste la «quantité consommée». Même un pain de bonne qualité, pris en excès, reste un apport calorique important. D’où la nécessité de réduire la taille des portions, d’éviter de manger du pain à chaque repas par automatisme, de limiter les associations avec sucre ajouté, d’accompagner le pain de protéines et de bons lipides (œufs, fromage frais, huile d’olive, thon, avocat, légumineuses) et de varier avec d’autres sources de glucides de meilleure qualité. Le pain n’est pas un ennemi. Le vrai problème est la «surconsommation quotidienne de pain blanc, devenue trop souvent normale», explique-t-il.
Kamel BOUAOUINA
