La tricherie apparaît sans conteste liée à des mesures de performance de l’école. En effet, un bon nombre d’élèves qui n’ont pas les acquis nécessaires pour réussir et qui sont parfois démunis face aux exigences de certains cours, ne voient d’autre planche de salut que la tricherie. A l’approche des examens nationaux les plus stressants de notre vie, c’est l’angoisse… Entre la sensation de n’avoir pas assez révisé et les réelles lacunes, c’est la panique de la feuille blanche qui nous hante. Alors, certains inventent des stratagèmes afin de pouvoir tricher durant les épreuves… Aide par SMS, antisèches glissées dans le stylo bille, tous les moyens sont bons pour tricher. Le ministère de l’Éducation a enregistré en 2025 647 cas de fraude et de comportements inappropriés lors de la session principale du baccalauréat. Ces cas se répartissent comme suit : 433 dans les lycées publics, 143 dans les établissements privés et 71 parmi les candidats libres.
Il est vrai que la vigilance étant de rigueur, le renforcement des personnels de surveillance et de contrôle sera pris en compte. Dans tous les cas, les conditions d’examens sont telles qu’il est difficile de passer inaperçu (brouillons de couleurs différentes, tables espacées, vérification de l’identité des candidats, téléphones interdits). Mais face à la recrudescence de la fraude aux examens nationaux et aux concours publics, et à la grave menace qu’elle représente pour la crédibilité des diplômes et le principe d’égalité des chances, le projet de loi de lutte contre la fraude, présenté par le député Hatem Labbaoui, apparaît comme une nécessité urgente pour consolider les valeurs d’intégrité au sein du système national d’examens. Ce projet de loi ne se contente pas d’aborder le phénomène superficiellement, mais va plus loin en déconstruisant sa structure complexe et en s’attaquant à ses diverses manifestations, dans un contexte marqué par l’évolution des méthodes de fraude et leur recours croissant à la technologie et aux réseaux organisés. Le projet de loi adopte une approche globale, criminalisant sans exception toutes les formes de fraude, et écartant ainsi toute interprétation susceptible de limiter le champ des responsabilités.
Un cadre juridique qui responsabilise toutes les parties prenantes
Il ne se limite pas à la poursuite directe des fraudeurs, mais étend le champ d’application de la criminalisation à toute personne y contribuant ou cherchant à la faciliter, par quelque moyen que ce soit : incitation, assistance ou collusion. Ainsi, le projet de loi établit un cadre juridique qui responsabilise toutes les parties prenantes, reconnaissant que ce phénomène n’est plus un acte isolé, mais un système complexe aux rôles imbriqués. Le projet de loi accorde également une attention particulière aux fuites d’examens, le considérant comme l’une des atteintes les plus graves à l’intégrité de la compétition. Il criminalise explicitement tout acte visant à publier ou diffuser des sujets d’examen avant la date officielle, car cela porte directement atteinte au principe d’égalité entre les candidats. Le projet de loi aborde également les transformations numériques, stipulant explicitement que l’utilisation de moyens électroniques et de technologies modernes à des fins de fraude constitue un délit en soi. Ceci reconnaît implicitement la gravité des nouvelles formes de fraude qui s’appuient sur des outils sophistiqués et des réseaux organisés qui s’affranchissent des cadres traditionnels.
Pour renforcer cette approche dissuasive, le projet de loi prévoit un ensemble de sanctions sévères, notamment des peines d’emprisonnement de plusieurs années et de lourdes amendes, avec des dispositions prévoyant des peines plus sévères en cas de récidive ou lorsque le délit est avéré être organisé. Cette sévérité accrue témoigne d’un engagement clair à mettre fin au climat d’impunité et à établir un véritable mécanisme de dissuasion qui freinera la propagation de ce phénomène et renforcera la confiance dans le système d’examen, consolidant ainsi la crédibilité des diplômes universitaires.
Kamel BOUAOUINA
