Dans nos écoles, certains élèves rencontrent des troubles d’apprentissage reliés au langage, à l’attention, à la mémorisation, mais aussi à des compétences spécifiques comme la lecture, l’orthographe, l’arithmétique, etc.
Ces troubles d’apprentissage sont des difficultés neurologiques durables qui affectent la manière dont une personne acquiert et utilise certaines compétences scolaires, sans lien avec l’intelligence.
Les troubles d’apprentissage touchent environ 5 à 15% des enfants d’âge scolaire, tandis que les difficultés scolaires temporaires concernent 15 à 20% des élèves. Ces troubles sont d’origine neurologique, ce qui signifie que certaines zones du cerveau fonctionnent différemment, et ne sont ni la faute de l’enfant ni celle des parents. Ils sont permanents, mais des stratégies adaptées permettent de compenser les difficultés et d’améliorer les performances scolaires.
Ces types de troubles se manifestent sous plusieurs formes. Souvent appelés troubles «dys», ils incluent la dyslexie (difficulté à lire et à décoder les lettres et les mots), la dysorthographie (trouble de l’orthographe et de l’expression écrite), la dyscalculie (difficulté à comprendre et à manipuler les nombres), la dyspraxie ou dysgraphie (troubles moteurs affectant la coordination et l’écriture) et la dysphasie (trouble du langage oral et de la communication).Ces troubles peuvent se combiner chez un même enfant et s’accompagnent souvent de difficultés attentionnelles, anxiété de performance ou manque de confiance en soi.
Ce sont des professionnels spécialisés qui font le diagnostic de ces différents types de troubles chez l’enfant, comme les orthophonistes, les neuropsychologues, les neuropédiatres ou les psychologues scolaires. Leur évaluation repose sur des tests standardisés et permet de comprendre les forces et faiblesses de l’enfant, afin de mettre en place un plan d’intervention personnalisé. Cependant, il est important de favoriser un partenariat entre famille, enseignants et professionnels de santé.
Certes, les troubles d’apprentissage chez certains de nos élèves sont des difficultés durables mais gérables. Avec un diagnostic précis et des stratégies adaptées, les enfants peuvent progresser, développer leurs compétences et réussir leur scolarité tout en préservant leur confiance en eux.
Importance du dépistage et du diagnostic en amont
Selon un document d’information publié récemment par le ministère de l’Education, un projet a été élaboré visant à dispenser de certaines matières les enfants souffrant de troubles d’apprentissage, qui représentent 6% du nombre total d’élèves. Cette mesure entrera en vigueur prochainement, après l’élaboration d’une base de données qui recense le nombre exact des élèves concernés et la nature des troubles et des difficultés qu’ils rencontrent afin de mieux les encadrer dans les écoles inclusives.
Il est à souligner que ces troubles ne sont pas souvent dépistés à temps, selon Imen Miri, professeure agrégée en médecine physique et réadaptation fonctionnelle à l’Institut orthopédique Mohamed Kassab de la Manouba : «Les troubles spécifiques d’apprentissage, qui sont des troubles affectant les performances scolaires (lecture, calcul, écriture), demeurent méconnus de certains médecins, enseignants et parents et sont très souvent confondus avec les difficultés d’apprentissage qui, elles, sont temporaires et plutôt liées à des causes psychologiques et socio-familiales (difficultés économiques, problèmes familiaux…)».
Pour Hichem Chebbi, Président de l’association tunisienne des difficultés d’apprentissage (ATDA), la meilleure solution pour corriger et minimiser ces troubles d’apprentissage consiste, incontestablement, en le dépistage et le diagnostic effectués en amont par les enseignants et les médecins scolaires. Cela permet de mieux orienter les enfants souffrant de ces troubles vers des spécialistes (psychologues, orthophonistes, sociologues..), en renforçant la formation du cadre médical et éducatif (inspecteurs, enseignants, médecins scolaires…) et en optimisant la coordination entre eux afin d’améliorer le diagnostic et la prise en charge de cette catégorie.
Notons que, vu l’importance de la question, le ministère de l’Education a proclamé le 28 octobre Journée nationale des troubles d’apprentissage et mis en place un programme stratégique pour les enfants qui en souffrent et qui représentent une part importante des élèves en situation d’échec scolaire.
Hechmi KHALLADI
