Outre le fait que les ordures ménagères contenues dans des sacs en plastique ouverts et jamais refermés par les «Barbechas» (les chercheurs non pas d’or, mais de bouteilles vides en plastique) constituent depuis belle lurette un tableau désolant qu’on retrouve souvent à presque chaque coin d’avenue, de rue ou d’impasse dans la ville capitale, la saleté en général constitue également le menu quotidien des passants et des promeneurs qui la consomment en la humant et en la «contemplant». Encore un phénomène qui s’est répandu dans toutes les villes et dans tous les villages du pays. Devenu ainsi un fait presque anodin, non pas seulement accepté, mais extrêmement toléré, cet acte irresponsable a beaucoup nui à la beauté et à l’odeur des lieux d’habitation, même en présence de fleurs odorantes ou pas. On peut se demander, d’ailleurs, comment des citoyens lambda peuvent vivre tranquillement dans des milieux aussi sales que nauséabonds et nocifs pour la santé. Dans la plupart des cas et c’est encore pire, il est beaucoup de gens qui semblent croire que derrière eux veille, de jour comme de nuit, un agent municipal qui se chargera, illico presto, de réparer et de corriger leur forfait, celui de jeter leurs saletés sur la voie publique.
Opérer un changement radical des mentalités
Sont-ils devenus écervelés ? La vigilance, qui devrait être de rigueur, devrait provenir des citoyens eux-mêmes et en premier lieu. Ils devraient songer à eux-mêmes et à autrui sous la bannière d’un esprit citoyen qu’ils devraient acquérir ou réacquérir au plus vite. Ils se doivent, à notre sens, de considérer, dorénavant, la rue comme leur chez soi que personne ne pourrait souiller pour parer à toute éventualité et pour se prémunir contre les maladies contagieuses, plutôt que de les guérir péniblement. Ne vaut-il pas prévenir que guérir ? Et sans entrer trop dans les détails, les mêmes personnes qui jettent tout sur leur chemin et parfois même de la fenêtre de leur voiture, ne sont pas aussi abjectes qu’encrassées. Elles vivent pourtant dans un confort et une propreté idéaux. Le paradoxe, en somme. Ne savent-elles pas que leur toit, c’est aussi la terre et le ciel, la cité où elles vivent non pas seules, mais en commun ? Et si chacun de nous se mettait à l’esprit que la rue est également son propre toit, nos cités, tous genres confondus, changeraient de visage, car elles seraient entretenues, ornementées et jalousement protégées. Il s’agit d’opérer un changement radical dans la mentalité des citoyens et des citoyennes.
Lotfi BEN KHELIFA
