Après deux ans de galère, le tourisme des croisières maritimes a repris son envol à partir de 2023 et les chiffres actuels de 2026 ne font que confirmer cette évolution positive. En effet, les prévisions sont bonnes pour le reste de l’année, mais il va falloir faire preuve d’innovation et de créativité pour confirmer ce redressement et attirer davantage de touristes et de partenaires de la destination Tunisie…
C’est que le port de la Goulette devrait accueillir, d’ici à la fin de l’année 2026, près de 160.000 touristes supplémentaires, répartis sur 34 croisières, dans le cadre de la reprise progressive, depuis 2023, du nombre d’opérateurs maritimes de leurs activités vers la destination tunisienne.
Cette évolution reflète le regain de confiance dans la destination tunisienne et la dynamique du village touristique du port de la Goulette, étant donné que c’est un projet modèle au niveau de la Méditerranée, selon l’Office de la marine marchande et des ports (OMMP).
En effet, l’activité des croisières a connu une relance notable, soit une hausse de 22%. Ainsi, le nombre de touristes a atteint près de 270.000 touristes contre 223.000 touristes en 2024, ce qui confirme la reprise de la destination tunisienne de sa position sur le marché des croisières.
Cette activité a enregistré un véritable regain depuis l’année 2022, avec 37 croisières et environ 55.000 touristes, avant de se renforcer progressivement avec le retour d’un nombre d’opérateurs maritimes.
Selon les mêmes sources, ils sont environ 6.600 passagers en moyenne qui arrivent par escale, dont près de 90% participent à des excursions vers des sites culturels et touristiques, avec une attention particulière portée aux produits de l’artisanat local.
Enrichir le menu pour assurer plus de recettes
Que propose-t-on à visiter pour les croisiéristes débarqués à La Goulette ? Pour le moment, il s’agit quasiment du même menu avec les ruines antiques de Carthage, les souks de la médina de Tunis, en passant par les ruelles de Sidi Bou Saïd et, parfois, des visites au musée du Bardo. Certes, pour des étrangers qui visitent la Tunisie pour la première fois, il s’agit d’un programme intéressant, mais il va falloir enrichir ce programme et offrir d’autres éléments à ce menu pour attirer davantage de touristes et les inciter à profiter de ces services et les encourager à revisiter la Tunisie pour des périodes plus longues.
A cet effet, toutes les structures concernées par cette activité touristique dans les régions susceptibles d’accueillir des croisières (Ports de La Goulette, Sousse, Sidi Bou Saïd, Bizerte, Monastir, Sfax et Zarzis…) sont mobilisées pour contribuer à la réussite de cette belle saison. En l’occurrence, les ministères de l’Intérieur, de l’Environnement, du Transport et de la Culture, ainsi que les municipalités, les hôtels, la Fédération nationale des guides touristiques, œuvrent ensemble pour offrir aux croisiéristes des conditions de séjour idéales qui reflètent l’image de la Tunisie en tant que destination touristique recherchée, outre sa traditionnelle réputation d’oasis de paix et d’hospitalité aux richesses patrimoniales et culturelles inestimables.
Mise en place d’une stratégie promotionnelle
Au-delà des chiffres, les autorités multiplient les initiatives pour consolider cette dynamique. La direction du terminal de croisière de La Goulette mène, en coordination avec les acteurs institutionnels — dont le ministère du Tourisme — une stratégie active de promotion de la destination. Celle-ci repose notamment sur des contacts directs avec les compagnies internationales et une présence régulière dans les salons professionnels dédiés au secteur.
A ce propos, il y a lieu de rappeler que le ministre du Tourisme, Sofiene Tekaya, a échangé, lors d’une rencontre tenue le 25 mars 2026, avec des responsables du secteur, dont Silvio Loiodice, directeur des croisières chez Costa. Ce dernier a confirmé l’intérêt croissant pour la Tunisie dans les itinéraires maritimes et a annoncé des lendemains fort prometteurs pour le secteur à court et à moyen terme.
D’autre part, la compagnie maritime américaine Carnival Cruise Line a annoncé l’ouverture de nouvelles escales en Afrique du Nord à partir de 2027, marquant, selon ses propres termes, «une première historique avec des appels programmés en Tunisie et au Maroc». Cette évolution concernera le Carnival Sunshine, paquebot de 3.002 passagers, appelé à inaugurer une série de croisières européennes inédites.
Le navire, précédemment exploité sous le nom de Carnival Destiny et actuellement positionné à Norfolk, en Virginie, quittera les États-Unis le 15 mai 2027 pour rallier le port de Douvres, avant d’entamer une saison complète en Méditerranée. La compagnie précise que «le programme comprendra des traversées au départ et à destination de Barcelone et de Rome, avec des escales nouvelles à Tunis et à Tanger».
Des rentrées de devises consistantes
Que rapportent ces croisières aux caisses de l’Etat ? Les experts estiment que 8% des passagers assurent une dépense moyenne de 50 euros par personne. Ce qui veut dire que les recettes générées atteindraient près de 360.000 euros par semaine, soit plus de 18 millions d’euros en devises par an.
À ces montants, s’ajoutent d’autres sources de revenus, notamment les taxes passagères, les frais de stationnement des navires et les services portuaires. Autant de flux financiers qui profitent à la fois à l’autorité portuaire et au terminal de croisière, renforçant ainsi l’apport global de cette activité à l’économie nationale.
Kamel ZAIEM
