A l’instar de nombreux pays, la Tunisie célèbre, ce dimanche 31 mai, la fête des Mères. Fête au cours de laquelle un vibrant hommage est rendu aux mères, celles qui nous ont donné la vie. Qu’elles soient mères d’un seul enfant ou de plusieurs, qu’elles soient jeunes ou vieilles, elles ont toutes vécu des expériences avec leurs enfants, aussi bien riches que pleines d’émotions, des moments de joie, de peine, d’angoisse et de difficultés que les enfants ont eux-mêmes vécus ou partagés avec leurs mères à travers les années.
En effet, la mère est sans doute tout ce qu’il y a de plus cher dans la famille, de plus utile dans la société et de plus dévoué dans la vie. Elle mérite tout le respect et toute la gratitude de tout le monde pour le rôle qu’elle joue aussi bien au sein de la famille que dans la société, ainsi que pour les tâches qu’elle accomplit au foyer comme au travail. La vie moderne et toutes ses exigences morales et financières ont encore accentué la fatigue de nos mères qui, parfois, se trouvent seules à gérer toutes les affaires de la famille, faute d’aide ou de collaboration de la part du conjoint ou des enfants. Une tâche souvent dure à accomplir !
Attachement et reconnaissance
La fête des mères est donc l’occasion pour tous les fils, qu’ils soient enfants, adolescents, jeunes ou adultes, d’exprimer leur attachement et leur reconnaissance à cet être cher, symbole de la bonté et du dévouement, qui est toujours prêt à nous consoler dans les moments de tristesse et à nous partager les moments de joie. Cette mère, source de compassion et de tendresse, a toujours inspiré nos poètes arabes qui l’ont glorifiée dans leurs créations poétiques. Que de chansons ont été dédiées à la mère par nos artistes tunisiens et arabes ! Les mères de Tunisie sont dignes de tout respect et méritent toute l’estime de la part de la société pour les grands efforts qu’elles fournissent, au foyer comme à l’extérieur, pour l’éducation de leur progéniture et la sauvegarde de la famille. Sans oublier celles qui ont à leur charge des enfants handicapés qui exigent des soins et des sacrifices supplémentaires, ou celles qui sont restées veuves après la mort de leur conjoint et qui doivent affronter maintes difficultés souvent en l’absence de moyens financiers suffisants, surtout dans une période de crise économique, comme celle que nous vivons aujourd’hui.
A cette occasion, les enfants offrent un beau poème, une jolie carte de vœux ou une fleur à leurs mamans. Plusieurs commerces se relookent ainsi, en cette journée dédiée aux mamans. Pour ce faire, tous les commerces se mobilisent en cette «fête des mères» : fleuristes, pâtisseries, parfumeries et bijouteries. Quel que soit le cadeau offert à sa maman, la présence des enfants tout près d’elle fait toujours sa fierté et sa joie et lui procure beaucoup de bonheur.
Une pensée pour les mères des zones rurales
Aujourd’hui, la femme rurale qui est aussi mère d’une famille souvent nombreuse, assume une grande responsabilité dans la vie de sa famille en exécutant toutes les tâches, mêmes celles habituellement attribuées aux hommes. Cette femme rurale, qui prend en charge, seule, l’encadrement de ses enfants sans l’appui d’un conjoint ou d’une parente. En plus, elle s’occupe des travaux des champs pour subvenir aux besoins de toute la famille. Elle est ainsi toujours fatiguée, débordée et ses efforts ne sont pas bien estimés par les autorités, quoique constituant un élément primordial dans la production agricole : elle commence son travail dès l’aube, elle cultive la terre, cueille les olives, récolte légumes et fruits, s’occupe des enfants et des animaux. En outre, c’est elle qui part à la recherche de l’eau et du bois pour préparer la nourriture, faisant souvent plusieurs kilomètres à pied. De même, les souffrances de la femme rurale prennent une dimension alarmante sur le plan sanitaire. En effet, pour un accouchement ou même quand il s’agit d’une simple consultation chez le médecin, la femme rurale est appelée à parcourir de longs trajets pour arriver à un dispensaire où souvent il n’y a pas d’équipements et presque pas de médicaments, à part quelques tablettes d’aspirine et des désinfectants.
Ajoutons à cela le manque d’infrastructure dans ces zones rurales où habitent ces mères qui constituent la catégorie de la population la plus défavorisée économiquement et la plus affectée par la pauvreté et l’analphabétisme. Pourtant, souffrant d’exploitation et d’exclusion, elle continue à lutter contre les conditions de vie difficiles dans ces zones rurales. En dépit de tout cela, la mère rurale résiste et fait toujours preuve de volonté et de patience, même si parfois elle souffre d’un manque de reconnaissance de la part du conjoint, des enfants et de la société.
En fait, cette souffrance et cet épuisement chez la mère rurale s’amoindrissent et disparaissent chaque fois que ses enfants lui manifestent de l’amour et de la gratitude en ce jour de «fête des mères» et pourquoi pas à travers tous les jours de l’année ! C‘est l’occasion de valoriser et d’apprécier les sacrifices et les privations qu’elle a toujours endurés pour le bien et le bonheur de sa famille. Aussi devrons-nous la traiter avec tous les égards qu’elle mérite. A toutes nos bonnes mères, nous souhaitons bonne fête !
Hechmi KHALLADI
