Notre invité de ce dimanche est Hichem Ben Azzouz. Le dernier Comar d’Or en date, celui de 2026, lui a été attribué. Et pourtant, «Sangoma le guérisseur», c’est son premier roman. Autant dire que c’est un coup de maître. Il est surpris de recevoir ce prix, mais il en est également fier. Avant d’être écrivain, il est médecin. Et pour exercer ce noble métier, il a choisi l’aventure. Il est allé à l’autre bout du continent pour se retrouver en Afrique du Sud. Au pays de Mandela, il a découvert un pays différent, avec des paysages et des gens extraordinaires, mais aussi des inégalités très profondes.
Comme il le dit si bien, c’est ce contraste qui a nourri son imagination pour écrire son premier roman. Dans la présente interview, il nous en parle…
– Le Temps : Pour commencer, une idée sur votre parcours…
– Je suis né à Nabeul. Mon père y travaillait. Mais j’ai surtout grandi à Sidi Bou Saïd, dans une famille où l’éducation occupait une place importante. Après mes études secondaires au lycée de Carthage présidence, c’est vers la médecine que je me suis orienté. J’ai intégré la Faculté de Médecine de Monastir où j’ai effectué l’ensemble de mes études médicales. Ce furent des années exigeantes mais passionnantes.
– Pourquoi la médecine ? Était-ce une vocation ou pour faire plaisir aux parents ?
– Je crois sincèrement que c’était une vocation. Bien sûr, comme beaucoup de familles tunisiennes, mes parents accordaient beaucoup d’importance aux études. Mais ils ne m’ont jamais forcé à devenir médecin. Ce qui m’attirait dans la médecine, ce n’était pas seulement la science, c’était surtout la rencontre avec l’autre. Depuis toujours, j’aimais observer les gens, écouter les récits des anciens, comprendre les comportements humains. La médecine m’offrait un accès privilégié à cette dimension-là.
– Qu’est-ce qu’un bon médecin ?
– Un bon médecin, ce n’est pas seulement quelqu’un qui connaît les traitements, les protocoles ou les dernières recommandations scientifiques. Pour moi, un bon médecin est d’abord quelqu’un qui sait écouter. Écouter vraiment. Pas seulement entendre les symptômes, mais comprendre ce qu’il y a derrière, l’inquiétude, la peur, la solitude, parfois la honte. Beaucoup de patients arrivent avec une plainte médicale, mais aussi avec une histoire qu’ils n’ont jamais vraiment racontée. La médecine commence souvent avant l’ordonnance. Elle commence dans le regard, dans la façon d’accueillir la personne, de lui laisser le temps de parler, de ne pas la réduire à un diagnostic ou à un résultat de laboratoire.
– Pourquoi l’Afrique du Sud ?
– Mon départ vers l’Afrique du Sud a été motivé par une combinaison de curiosité, d’aventure et de recherche de sens. Je ressentais le besoin de sortir de mon environnement habituel pour découvrir d’autres réalités. L’Afrique du Sud représentait alors quelque chose de fascinant. C’était un pays jeune sur le plan démocratique, encore marqué par les séquelles de l’apartheid mais animé par un immense espoir collectif. Pour quelqu’un intéressé par la santé publique et les questions sociales, c’était un terrain extraordinaire. Je suis arrivé dans un contexte où l’épidémie de VIH faisait encore des ravages. Les hôpitaux étaient débordés. Les besoins étaient immenses. J’ai travaillé dans des régions rurales où les ressources étaient limitées mais où les patients faisaient preuve d’une dignité incroyable. Je pensais rester quelques années. Puis les années sont devenues des décennies. J’ai construit une vie, une famille, une carrière.
– Qu’avez-vous trouvé là-bas ?
– J’ai trouvé un pays d’une richesse humaine extraordinaire. J’ai rencontré des patients dont le courage continue à m’inspirer aujourd’hui, des femmes parcourant des kilomètres à pied pour obtenir leurs traitements, des familles vivant dans des conditions extrêmement difficiles mais capables de générosité et d’humour. J’ai découvert des paysages magnifiques, la savane, les montagnes du Mpumalanga, les réserves naturelles, les immenses horizons africains. Cette nature a profondément nourri mon imaginaire. Mais j’ai aussi découvert un pays blessé. Les cicatrices de l’apartheid sont toujours visibles. Les inégalités restent immenses. Dans certaines zones, les conditions de vie sont extrêmement précaires. C’est ce contraste permanent entre beauté et souffrance, lumière et obscurité, qui a nourri l’univers de Sangoma.
– Pourquoi ne pas être revenu en Tunisie ?
– C’est une question que l’on me pose souvent, et la réponse n’est pas simple. Lorsque je suis parti en Afrique du Sud en 2008, je pensais sincèrement que ce serait une expérience temporaire. Quelques années tout au plus. Je voulais découvrir un autre système de santé, travailler dans un contexte différent et vivre une aventure humaine et professionnelle. Je n’imaginais pas que ce pays deviendrait une partie aussi importante de ma vie. J’y ai construit ma carrière, développé de nombreux projets dans la santé publique, travaillé dans des hôpitaux, des cliniques rurales, des programmes VIH et des organisations internationales. Peu à peu, l’Afrique du Sud a cessé d’être un simple pays d’accueil pour devenir un véritable foyer.
Mais cela ne signifie pas que j’ai quitté la Tunisie. En réalité, je ne suis jamais vraiment parti. La Tunisie est restée présente dans ma langue, dans ma mémoire, dans mes références culturelles et dans ma façon de voir le monde. Je continue de suivre ce qui s’y passe, d’y revenir régulièrement et d’entretenir des liens très forts avec mes amis, ma famille et mes lecteurs. La Tunisie m’a donné mes racines, ma langue et ma formation. L’Afrique du Sud m’a donné une partie de mon parcours professionnel, une ouverture sur le continent africain et une grande partie de mon imaginaire littéraire. Et finalement, «Sangoma» est né précisément de cet entre-deux.
– Comment est venue l’envie d’écrire ?
– L’écriture est arrivée progressivement. Pendant des années, je notais des phrases, des scènes observées, des impressions. Sans véritable projet littéraire. J’écrivais pour ne pas oublier. La médecine m’a donné accès à des histoires extraordinaires. Des histoires de courage, de perte, de survie. Certaines m’accompagnaient longtemps après la consultation. Je ressentais le besoin de leur donner une forme. Puis il y a eu aussi les épreuves personnelles. Le deuil, l’exil, certaines blessures que la vie impose sans prévenir. L’écriture est devenue une manière de traverser ces expériences. «Sangoma» n’est pas né d’une ambition de devenir écrivain. Il est né d’une nécessité intérieure. À un moment donné, je n’avais plus vraiment le choix. Il fallait écrire ce livre.
– Pour un premier roman, c’est directement le Comar d’Or. Vous devez en être fier…
– Bien sûr. Recevoir le Prix Comar d’Or a été un moment extrêmement émouvant. D’abord parce qu’il s’agit de la distinction littéraire la plus prestigieuse en Tunisie. Ensuite parce que je vis loin de mon pays depuis de nombreuses années. Recevoir cette reconnaissance de la part de lecteurs, de critiques et d’un jury tunisien brillant, a eu une signification particulière.
J’ai également été très touché par les mots du président du jury, Ridha Kéfi. Lorsqu’il a parlé d’un «souffle nouveau dans le roman tunisien» et d’un «coup de maître», j’ai ressenti à la fois une immense gratitude et une immense responsabilité. Mais au-delà du prix, ce sont les lecteurs qui m’ont le plus marqué. Les messages reçus. Les rencontres. Les discussions après les conférences. Certains lecteurs m’ont dit avoir retrouvé dans «Sangoma» leurs propres blessures, leurs propres questionnements. C’est probablement la plus belle récompense pour un écrivain.
– Existe-t-il un lien entre la médecine et la littérature ?
– Pour moi, le lien est profond. Les deux disciplines reposent sur l’écoute. Le médecin écoute une histoire afin de comprendre une souffrance. L’écrivain écoute le monde afin de lui donner une forme. Je me suis beaucoup intéressé à la médecine narrative développée par Rita Charon, médecin interniste américaine et titulaire d’un master en littérature. Cette approche considère que le récit du patient est une composante essentielle du soin. Elle rejoint quelque chose que j’ai toujours ressenti intuitivement; nous sommes des êtres de récit.
Les patients ne racontent pas seulement leurs symptômes. Ils racontent une vie. Une peur. Une perte. Un espoir. La littérature permet parfois de rendre audible ce qui restait silencieux. Elle complète ce que la médecine ne peut pas toujours exprimer.
– Pourquoi ce titre : «Sangoma, le guérisseur» ?
– Le choix du titre s’est imposé très tôt. En Afrique australe, un Sangoma est un guérisseur traditionnel, mais ce mot est beaucoup plus riche que sa traduction française. Il désigne une personne qui soigne, mais aussi quelqu’un qui écoute, qui interprète les rêves, qui travaille avec la mémoire, les ancêtres et les dimensions invisibles de l’existence. Lorsque j’ai découvert cet univers, j’ai été frappé par certaines ressemblances avec la médecine. Les méthodes sont différentes, les explications aussi mais au fond, les deux cherchent à soulager une souffrance humaine.
Je ne voulais pas écrire un livre qui oppose la médecine moderne aux savoirs traditionnels. Je voulais plutôt explorer la rencontre entre deux façons de comprendre le monde. Le personnage de Slim commence son voyage avec la certitude que la science peut tout expliquer. Peu à peu, il découvre que certaines blessures échappent aux protocoles et aux molécules. Le titre résume donc cette traversée.
– Où avez-vous écrit ce roman ?
– J’ai écrit «Sangoma» sur plusieurs années et dans plusieurs pays. Une partie a été écrite en Afrique du Sud, souvent très tôt le matin avant les consultations ou tard dans la nuit après le travail. D’autres passages ont été rédigés lors de voyages en Tunisie ou pendant des déplacements professionnels. Ce roman porte d’ailleurs cette géographie multiple. Il est né entre Tunis, Johannesburg, Mpumalanga et plusieurs autres lieux qui ont marqué mon parcours. Les personnages voyagent avec vous, même lorsque vous changez de ville ou de continent. Certaines scènes ont été écrites dans des cafés, d’autres dans des chambres d’hôtel ou des salles d’attente d’aéroport.
– Le personnage principal vous ressemble-t-il ?
– La réponse est non et oui à la fois. Non, parce que Slim est un personnage de fiction. Il prend des décisions que je n’ai jamais prises. Il emprunte des chemins qui ne sont pas les miens. Il vit des expériences inventées pour les besoins du récit. Mais il y a aussi une part de moi dans ses interrogations. Nous partageons certaines questions sur le soin et l’éthique, sur l’exil, sur la fatigue morale que peuvent ressentir les soignants confrontés à la souffrance quotidienne. Je dis parfois que Slim représente l’une des nombreuses vies que j’aurais pu vivre. Finalement, Slim est moins mon portrait qu’un miroir déformant qui amplifie certaines de mes préoccupations humaines et professionnelles.
– Quel message avez-vous voulu transmettre ?
– Je me méfie toujours un peu des romans qui veulent transmettre un message unique. La littérature est plus intéressante lorsqu’elle pose des questions davantage qu’elle n’apporte de réponses. Mais s’il fallait retenir une idée centrale, ce serait celle de la transformation. Nous vivons tous des fractures. Un deuil, une maladie, un échec, une perte ou une désillusion peuvent bouleverser une existence entière. La question n’est pas de savoir comment éviter ces fractures. Elles font partie de la condition humaine. La vraie question est : que faisons-nous de ces blessures ?
«Sangoma» raconte le parcours d’un homme qui doit accepter son propre effondrement avant de pouvoir se reconstruire. Je crois que beaucoup de lecteurs se reconnaissent dans cette expérience, même lorsqu’ils n’ont jamais mis les pieds en Afrique du Sud ou travaillé dans un hôpital.
– Vous considérez-vous davantage comme médecin ou guérisseur ?
– Je suis médecin et je suis fier de l’être. Mais les années m’ont appris que la médecine ne se limite pas à la prescription d’un traitement. Bien sûr, les médicaments sauvent des vies. Les avancées scientifiques ont transformé notre capacité à prévenir et à traiter de nombreuses maladies. Cependant, certains patients ont aussi besoin d’être écoutés, accompagnés, rassurés. Ils cherchent parfois du sens autant qu’un traitement.
Je crois que le véritable soin commence lorsque l’on accepte la complexité de l’être humain. Un patient n’est pas seulement un corps malade. C’est aussi une histoire, une famille, des peurs, des croyances et des espoirs.
– Vous faisiez du cinéma avant le roman ?
– Oui, et le cinéma continue d’habiter ma façon d’écrire. J’ai réalisé plusieurs documentaires au cours de ma vie. J’ai réalisé mon dernier film en 2013 près de Cape Town. Je voulais donner une voix à une vieille communauté de pêcheurs qui a survécu à l’effacement pendant l’apartheid. Cette expérience cinématographique m’a appris à observer le monde différemment. Un cinéaste apprend à regarder les détails, les silences, les gestes minuscules qui révèlent parfois davantage qu’un long discours. Lorsque j’écris, je visualise souvent les scènes comme si elles étaient filmées. Je vois les paysages, la lumière, les visages, les mouvements des personnages. J’écoute les sons aussi.
Je pense que c’est pour cette raison que certains lecteurs décrivent «Sangoma» comme un roman très visuel ou très cinématographique. Au fond, cinéma et littérature poursuivent le même objectif : raconter une histoire et créer une émotion.
– Pourquoi écrivez-vous ?
– J’écris pour comprendre le monde et pour me comprendre moi-même. La médecine m’a permis d’approcher certaines vérités humaines. Mais elle ne répond pas à toutes les questions. Il existe des expériences qui échappent aux statistiques, aux protocoles et aux examens biologiques. L’écriture me permet d’explorer ces zones plus ambiguës, les territoires du doute, de la mémoire, du deuil et de l’identité. J’écris aussi pour préserver certaines voix. Au cours de ma carrière, j’ai rencontré des milliers de personnes dont les histoires m’ont marqué. Certaines disparaissent, d’autres restent en nous très longtemps. L’écriture est une manière de leur rendre hommage.
– Quand et où écrivez-vous ?
– Je n’ai jamais eu de discipline militaire d’écrivain. J’écris souvent très tôt le matin, lorsque la maison est encore silencieuse. J’aime ces heures où le monde semble suspendu. D’autres fois, j’écris tard dans la nuit. Il m’arrive aussi de prendre des notes entre deux consultations ou pendant un voyage. Une phrase peut surgir n’importe où. Je ne crois pas beaucoup à l’inspiration romantique. L’écriture est surtout un travail de patience. Il faut revenir au texte encore et encore, corriger, supprimer, recommencer. Parfois une page prend quelques heures. Parfois un paragraphe demande plusieurs semaines.
– Le Comar d’Or vous donne-t-il envie d’écrire davantage ?
– Oui, sans aucun doute. Recevoir un prix aussi prestigieux constitue un encouragement immense. Mais je ne le considère pas comme une arrivée. Je le vois plutôt comme un point de départ. J’ai un nouveau projet de roman en cours, à un stade bien avancé. D’autres sont encore à l’état de notes ou de fragments. Tous explorent des thèmes qui me sont chers : l’exil, la mémoire, la transmission, les blessures individuelles et collectives. Le Comar m’a surtout donné confiance. Il m’a confirmé que certaines histoires méritent d’être racontées et qu’elles peuvent trouver leurs lecteurs.
– Que lisez-vous le plus ?
– Je lis énormément et de manière assez désordonnée. Je lis de la littérature africaine, arabe, européenne et américaine. J’aime découvrir des auteurs qui explorent les marges, les fractures et les zones d’incertitude de l’expérience humaine. Je lis aussi beaucoup d’essais, d’histoire, de philosophie et de sciences humaines. La médecine narrative m’intéresse particulièrement. Parmi les écrivains qui m’ont marqué, on trouve aussi bien Mahmoud Darwich que J.M. Coetzee, Toni Morrison, Ben Okri ou Frantz Fanon. Je crois qu’un écrivain reste toujours d’abord un lecteur.
– Quelle est votre principale source d’inspiration ?
– Les êtres humains. Les patients que j’ai rencontrés au cours de ma carrière. Les personnes croisées lors de voyages. Les conversations entendues par hasard. Les souvenirs familiaux. Les paysages. La réalité est souvent plus riche que l’imagination. Il suffit d’apprendre à regarder et à écouter. Je suis également inspiré par l’Afrique elle-même. Son histoire, ses blessures, sa beauté, ses contradictions. Le continent est une source inépuisable de récits.
– Pourquoi avoir publié un premier roman après soixante ans ?
– Parce que chaque livre a son propre calendrier. Je ne pense pas que j’aurais pu écrire «Sangoma» à trente ans ou même à quarante ans. Il fallait probablement vivre certaines expériences, traverser certaines épreuves et accumuler suffisamment de matière humaine. Avec l’âge, on gagne parfois une forme de liberté. On écrit moins pour impressionner et davantage pour être sincère. Je ne regrette absolument pas d’avoir attendu.
– Quel conseil donneriez-vous aux jeunes qui veulent écrire ?
– Je leur dirais d’abord de lire énormément. Ensuite, d’être patients. L’écriture est un marathon, pas un sprint. Il faut accepter les doutes, les échecs et les périodes de silence. Je leur conseillerais aussi de rester proches de la vie réelle. Les meilleures histoires viennent souvent de l’observation du monde. Et surtout, je leur dirais d’écrire avec honnêteté. Les lecteurs perçoivent très vite lorsqu’un texte est sincère.
– Avez-vous connu le syndrome de la page blanche ?
– Bien sûr. Tous les écrivains connaissent ce moment où les mots semblent disparaître. Avec le temps, j’ai appris à ne plus en avoir peur. La page blanche fait partie du processus. Elle nous oblige parfois à ralentir, à observer davantage, à laisser mûrir certaines idées. Souvent, ce qui ressemble à un blocage n’est qu’un temps de gestation.
– Comment occupez-vous votre temps libre ?
– Je lis beaucoup. Je vais au cinéma dès que possible. J’aime marcher et observer les gens. J’apprécie également les réserves naturelles sud-africaines. Elles offrent un silence devenu rare dans nos vies modernes. Ces moments de calme nourrissent souvent l’écriture.
– Vos ambitions pour le futur…
– Continuer à écrire. J’aimerais voir «Sangoma» voyager vers d’autres langues et d’autres lecteurs. J’espère également poursuivre mon travail de romancier et développer les autres projets qui m’accompagnent depuis plusieurs années. Mais au fond, mon ambition reste simple : continuer à raconter des histoires universelles qui parlent de ce qui nous relie les uns aux autres.
Propos recueillis par Mourad AYARI
