Rien ne va plus entre le Club Sportif Sfaxien et son voisin le Sfax Railways Sports à propos de la quote-part revenant aux Cheminots du Sud suite au transfert de Alaa Ghram au Shakhtar Donestk au cours du mercato d’été de l’année 2024. Cette quote-part s’élève à 860 mille dinars, représentant 15% des 2 millions d’euros, le prix de vente dudit joueur au club ukrainien. Ce montant revient de droit au SRS, le club formateur de Alaa Ghram. Dans le contrat du transfert du joueur au CSS au mois de juillet 2019, alors qu’il était encore juniors, il est en effet mentionné que le SRS toucherait 15% du prix de la revente du joueur à un club tiers. Mais, et après deux années presque jour pour jour, le SRS n’a rien vu venir de cette prime et ce, en dépit des multiples démarches entreprises auprès de son voisin clubiste. A ce jour, il n’a touché aucun millime. A bout de patience, le SRS a fini par saisir la justice qui a ordonné une saisie des biens du CSS. Parallèlement il a porté plainte auprès de la FTF. Le SRS estime qu’il a été berné par son voisin, affirmant que, malgré de nombreuses négociations et les arrangements de paiement convenus avec le CSS, ce dernier n’a pas tenu ses promesses, ce qui a porté un fort préjudice au club cheminot, confronté lui aussi à de grandes difficultés financières sans lesquelles il aurait pu réussir son retour parmi l’élite la saison écoulée. Ces difficultés financières, affirme le SRS, ont été en effet derrière la grève des joueurs qui réclamaient leurs salaires impayés. Ce débrayage a fait perdre à l’équipe plusieurs points précieux. Le SRS, affirment ses responsables, se sent d’autant plus lésé que le CSS a payé de nombreux créanciers et qu’il continue de s’acquitter de ses dettes tout en ignorant celle qu’il lui doit.
Le CSS entre le marteau et l’enclume
La version du CSS est tout autre. Tout en reconnaissant la légitimité des revendications de son voisin et de leur bien-fondé, et qu’il s’est engagé à satisfaire et fermer ainsi ce dossier définitivement, il a argué lui aussi des mêmes difficultés financières et de l’ampleur de ses dettes qui dépassaient les 7 millions de dinars. Les choses étant ce qu’elles sont, le CSS a dû faire face au plus urgent en réglant les dossiers qui sont derrière l’interdiction de recrutement, soit un peu moins de 3 millions de dinars.
Le porte-parole du CSS, Ahmed Jebir, a également pointé du doigt la FTF à laquelle il reproche son refus de coopérer dans cette affaire. «Malgré nos nombreuses tentatives et une correspondance officielle que nous lui avons adressée pour l’amener à parvenir à un arrangement avec le SRS, l’instance nationale du football a continué à faire la sourde oreille alors qu’il s’agit d’un cas très grave mettant en péril la participation du club à la Coupe de la Confédération». En effet, passé le délai du 18 courant (aujourd’hui) sans que ce dossier soit résolu, le CSS ne pourra plus prendre part à la prochaine édition de la Coupe de la CAF.
La FTF sollicitée
Dans une intervention sur les ondes d’une radio privée, le porte-parole du CSS a indiqué qu’il avait sollicité la FTF pour avancer au SRS le montant de la prime lui revenant, ou une partie selon un arrangement convenu, et retrancher le montant versé de la prime de la FIFA qui revient au CSS de la participation de son gardien, Aymen Dahmen, au Mondial, estimée à 1,5 million de dinars.
Il est malheureux que deux clubs voisins en soient arrivés là, au point de mettre en cause la participation d’un club tunisien à une épreuve continentale. Cette éventualité constituerait alors un nouveau coup dur pour le football national après le grand gâchis de la sélection en Coupe du Monde. Aussi, les autorités de tutelle et la FTF sont tenues de trouver au plus vite une issue heureuse à cette affaire tant qu’il est encore temps, puisque quelques heures seulement séparent le CSS de l’expiration du délai imparti pour régler sa dette et qui se voit donc confronté à une dramatique course contre la montre.
Ameur KERKENNI
