Les frères Nour et Salim Arjoun ont écrit un nouveau chapitre de leur carrière artistique avec leur performance « Live with Orchestra », présentée dans le cadre de la 60e édition du festival d’Hammamet. Cette œuvre, conçue comme une expérience musicale complète, a révélé un projet artistique qui transcende les frontières du chant traditionnel, à la recherche d’un langage qui unit l’identité tunisienne à une ouverture sur les musiques du monde. Dès les premières notes, le duo misait sur un spectacle sonore et la construction d’un univers musical complet. Des murmures d’effets électroniques aux cordes ascendantes et progressives sous la direction de Racem Damak, un voyage auditif s’est déployé, incarnant la philosophie du projet fondée sur la recherche et l’expérimentation.
Le dialogue instrumental traduisait musicalement la relation entre les frères Nour et Salim Arjoun. Chacun possède une voix singulière, mais l’expérience n’est pleinement aboutie que par la convergence de deux personnalités distinctes et pourtant complémentaires, un concept qu’ils ont ensuite souligné lors de la conférence de presse comme étant au cœur de leur projet artistique. Devant un théâtre comble, le voyage musical a débuté avec « Yben », suivi de « Helma » et « Lik Snin ».
Ces morceaux ont révélé, dès les premières notes, les contours du projet artistique du duo, qui mêle pop, jazz, afrobeat et autres styles musicaux tout en préservant le dialecte tunisien comme principal vecteur de leur identité. Le public, et notamment les plus jeunes, s’est rapidement approprié les chansons, chantant en chœur dès les premières notes et transformant le concert en un moment de partage entre les deux artistes et leurs fans. Le voyage musical s’est poursuivi avec la chanson « Sophia », interprétée par le trompettiste Ulrich, avant que le duo ne s’emplisse d’émotion en rendant hommage à l’artiste disparu Yasser Jeradi avec son titre « Dima Dima ».
Le spectacle a ensuite pris une tournure plus poétique avec « Forbidden Love », avant que Nour Arjoun ne laisse la place à son frère, Salim, pour une interprétation au piano solo de « Valse of Love », mettant en valeur sa virtuosité et sa sensibilité musicale dans un moment d’une grande intimité. Le spectacle a entamé une nouvelle phase avec la première version de « Ya Safwat Bali », interprétée avec la chorale « Tunis 88 ». Une seconde version, « Dhalma », a suivi, interprétée par Hamza Trabelsi, qui a rejoint Nour Arjoun et la chorale sur scène. La chanson a été accueillie par des applaudissements enthousiastes du public, qui a réclamé un rappel. Les artistes ont accédé à cette demande, créant ainsi l’un des moments les plus vibrants de la soirée. Le voyage s’est poursuivi avec la chanson « Wayo », qui mêlait rythmes tunisiens et africains à des styles musicaux internationaux, réaffirmant la vision artistique des frères Arjoun fondée sur l’ouverture à de multiples cultures musicales, tout en préservant leurs racines tunisiennes.
Kamel Bouaouina
