Le «dernier cri» chez une bonne partie des usagers des motos et des vélos dans nos villes et villages est celui de rouler carrément sur les trottoirs et de circuler sur la chaussée… En sens interdit et en toute vitesse, pardi ! Cela semble avoir évolué dans la tête de ces gens après s’être habitués à «griller» les feux rouges. Si bien que les piétons qui traversent au vert prennent leurs précautions, sachant depuis belle lurette, qu’il est miraculeux de voir un motard ou un cycliste s’arrêter au rouge. Il faudrait, peut-être, songer à créer des prix récompensant tous ceux qui respectent le code de la route. On ne parlera pas ici, car ce n’est point notre propos, d’une autre catégorie, celle des automobilistes.
Des chauffards qui brûlent tous les feux de signalisation en toute aisance et inconscience. Ils risquent, de ce fait, de mettre en danger les piétons en provoquant des accidents mortels, là où on ne l’imaginait pas. Mais revenons à la situation très compliquée que vivent dans leur territoire, soit le trottoir, les piétons face aux agissements malheureusement «assassins» des utilisateurs des motos et des vélos. Ces derniers, qui se sentent sur un nuage, prennent un malin plaisir à s’amuser à satiété. Sont-ils réellement et éternellement retardataires et pressés d’arriver, coûte que coûte, à leur destination respective ? Ils roulent, en effet, et se faufilent parmi les piétons sur le trottoir, sans même «s’annoncer» par un petit klaxon et sans même crier «gare !» A voix haute ! Et ce n’est pas un pléonasme. Ils peuvent survenir derrière les pauvres piétons, ou en leur faisant face. Et on ne sait pas trop qui va échapper à l’autre ? Un jeu dangereux qui dénote de l’incivisme d’une certaine catégorie de gens. L’étonnement de votre serviteur était trop grand après avoir esquivé, sur le trottoir, un motard fou qui serpentait. Les passants avaient trouvé anormale que cette scène m’ait été étrange. Je leur ai fait savoir (sic) que je n’étais pas retourné en Tunisie depuis plusieurs années.
Les trottinettes électriques s’y invitent
Ils m’avaient alors conseillé de patienter durant mon séjour devant ces actes impardonnables devenus plutôt «normaux» depuis fort longtemps. La scène a eu lieu sur une grande place très fréquentée et par les passants et par les véhicules. Les fous des deux roues profitent parfois de l’absence des agents de la circulation, même dans les grandes artères de la capitale, pour commettre leur forfait et traverser ainsi la chaussée en sens interdit et le trottoir en toute tranquillité et impunité. On pourrait bien dire qu’ils ont là le sens de l’interdit ! Irrespectueux qu’ils sont, non seulement du Code de la route, mais de celui de la bonne conduite envers autrui. Les signes de l’inculture l’emportent sous nos cieux sur ceux de la culture sociale partagée entre plusieurs individus d’une même communauté. Cette culture s’acquiert grâce à une bonne éducation favorisant une bonne conduite apprise et acquise dès l’enfance chez soi, à l’école et dans la rue. Une trilogie indispensable pour l’éduction de l’homme de demain.
Sur un autre plan, et il ne faut point l’omettre, les trottinettes électriques, grandes ou petites soient-elles, qui ont quelque peu investi la rue, sont entrées de plain-pied dans ce jeu d’incivilité. Elles y participent de plus en plus, mais un peu moins que leurs «aînés». Leur danger vient également du fait qu’ils sont souvent invisibles à l’œil du passant. Elles passent devant lui, en toute vitesse, manquant de peu de l’écraser. Tout en continuant à rouler tranquillement… Le passant lambda ne cherche pourtant qu’à traverser la chaussée, prenant toutes les précautions requises, mais les trottinettes électriques ne l’entendent pas de cette oreille. Elles semblent descendre on ne sait d’où et passent presque inaperçues, telle une étoile filante. Ainsi faut-il éduquer ou rééduquer les usagers des deux roues (jeunes et moins jeunes) à travers les moyens de communication classique et moderne, pour un bon usage de la route en essayant de respecter les règles qui la gèrent. Cela évitera tant et tant de tracas et de risques d’accidents pour les piétons, en premier lieu.
Lotfi BEN KHELIFA
