Si la richesse du patrimoine n’est plus à démontrer, il n’en va pas de même de sa conservation. Les monuments, les médinas, les sites archéologiques qui sont les empreintes vivantes de notre civilisation et de la mémoire collective sont aujourd’hui plus que jamais en danger. Il est vrai que la protection du patrimoine est essentielle pour plusieurs raisons. Il joue un rôle crucial dans l’identité historique d’une communauté. Les monuments, les bâtiments historiques et les sites archéologiques sont des témoins tangibles de l’histoire et permettent aux générations futures de se connecter à leurs racines. Pour sensibiliser la population à la sauvegarde du patrimoine,
L’Association d’éducation relative l’environnement, le Ciné-Club d’Hammamet, le Cercle Messaadi, l’Association Manouba pour les Monuments et la Culture (AMMC), la section locale de la Ligue tunisienne des droits de l’Homme (LTDH) ainsi que plusieurs espaces culturels partenaires organisent une table ronde e inspirante et engagée autour du thème : « Patrimoines et Mémoires en Péril : Sauvegarde et réhabilitation » le 15 août 2026 à Hammamet dans le cadre des Journées culturelles estivales d’Hammamet du 14 au 16 août.
Le patrimoine bâti d’Hammamet, riche et diversifié, est aujourd’hui, menacé par l’abandon et le manque d’entretien. Cette belle cité possède un héritage architectural précieux mais vulnérable.Cette dégradation soulève une double urgence : culturelle, car chaque bâtiment perdu est une mémoire effacée, et urbaine, car ces ruines deviennent des foyers d’insécurité et de marginalisation. Il est vrai que les changements sociaux, technologiques et politiques contemporains ont produit un contexte nouveau qui a conduit à la dégradation de notre tissu ancien, à savoir les médinas, les bordj, les ksars et les kasbahs, les villages et les centres-villes coloniaux, ainsi que les constructions urbaines néo-traditionnelles», explique Dr.Salem Sahli, le Président de l’Association d’éducation relative à l’environnement .
Ces changements se sont traduits par un nouveau mode de gestion urbaine des tissus traditionnels et par l’incapacité à tracer des perspectives d’adaptation et d’évolution eu égard à ce patrimoine malgré les textes de protection existants. Il s’en est suivi des espaces urbains marginalisés et des foyers à risques, en particulier dans les médinas.Les centres-villes coloniaux quant à eux ne répondent plus aux besoins et à la demande actuelle en matière de services auprès de la population et perdent de leur caractère urbain historique en raison de la rénovation spéculative. Conséquence de cette absence de plan de sauvegarde, l’ensemble de ce tissu ancien s’est trouvé affecté par une lente et implacable dégradation qui s’explique par l’abandon d’un certain nombre de bâtiments de référence, leur usage inadapté, la surexploitation mais aussi la forte sollicitation voire la spéculation auxquelles on les a exposés, qui a entraîné un certain nombre de démolitions ou menacent ruine.
En tant que partenaire local, notre rôle est crucial dans la sauvegarde des monuments et des sites culturels menacés. Au-delà de la simple conservation, il s’agit de garantir que ces trésors culturels restent vivants et pertinents pour les générations futures. Afin que le processus de sauvegarde et de développement soit véritablement efficace, une coordination transversale s’impose, impliquant un encadrement technique, juridique et institutionnel suffisant ainsi qu’une harmonisation des actions des différents départements et acteurs (Etat, collectivités locales, associations, personnes privées,…) autour d’un cadre de référence commun. En collaborant étroitement avec les autorités locales et les communautés, l’AERE ne cesse de contribuer à une meilleure préservation du patrimoine local, tout en valorisant l’expertise des populations, en leur donnant les moyens de protéger leur héritage.
Cette rencontre réunira des spécialistes du patrimoine, des chercheurs, des universitaires dont des géologues et des historiens autour d’une problématique des plus actuelles et des plus menaçantes et constitue un espace d’échange fructueux entre les acteurs de terrain et la communauté scientifique, permettant d’approfondir la réflexion collective sur les risques naturels qui menacent le patrimoine hammamettois. Les discussions, riches et constructives, aboutiront à plusieurs recommandations portant notamment sur la prévention, l’amélioration des protocoles d’interventions d’urgences et le renforcement du suivi scientifique des sites vulnérables.
En marge de ces journées culturelles estivales, d’autres manifestations seront consacrées à la sauvegarde, à la transmission et à la réhabilitation de notre patrimoine.Livres, patrimoine, débats et cinéma se rencontrent autour d’une même question : comment préserver ce qui raconte notre histoire et fait notre mémoire collective ?Le Ciné-Club Hammamet, souligne Habib Kasdaghli, universitaire, apporte naturellement sa contribution à cette réflexion en plaçant le cinéma au cœur de la programmation avec la projection de deux films : « Fatma 75 », en présence de sa réalisatrice Selma Baccar le vendredi 14 août au Valley HUB et de « Thalathoun », en hommage à Fadhel Jaziri le dimanche 16 août – 10h à l’ Espace HAC ainsi qu’un atelier de cinéma autour du film « Habiba Msika », en présence de Selma Baccar.À travers ces rendez-vous, le Ciné-Club Hammamet défend une conception du cinéma comme espace de mémoire, de transmission et de débat. Les films permettent de revisiter des figures, des œuvres et des moments de notre histoire culturelle, tout en créant un dialogue entre les générations
Kamel Bouaouina
