Le Syndicat tunisien des médecins esthétiques (SYTMES) a annoncé, vendredi, la publication prochaine du cahier des charges relatif aux centres de médecine esthétique, destiné à mieux encadrer et réglementer l’exercice de cette activité en Tunisie.
Dans un communiqué, le syndicat a qualifié cette publication d’« avancée majeure », estimant qu’elle permettra de lutter contre les pratiques illégales et de combler le vide juridique qui a, selon lui, favorisé une situation d’anarchie dans le secteur.
Le cahier des charges devrait notamment permettre de mieux encadrer les pratiques, de définir les conditions nécessaires à la sécurité des patients et de distinguer les professionnels de santé dûment formés et autorisés des structures exerçant en dehors du cadre légal, précise le SYTMES.
Le syndicat a, par ailleurs, salué la récente publication d’un communiqué du Conseil national de l’Ordre des médecins consacré à l’exercice illégal de la médecine, le qualifiant d’« étape importante » dans la protection de la santé publique et la défense de la médecine réglementée.
Selon le SYTMES, cette évolution est le fruit d’un travail mené depuis plusieurs années par les professionnels du secteur, notamment par le syndicat, qui affirme avoir régulièrement alerté les autorités sur les risques liés à l’exercice clandestin de la médecine esthétique.
Le syndicat a indiqué avoir participé à plusieurs réunions avec les ministères concernés et l’Assemblée des représentants du peuple (ARP), mené des enquêtes de terrain et constitué des dossiers documentés concernant des personnes exerçant illégalement la médecine, ajoutant que ces dossiers ont été transmis aux autorités compétentes.
Cette démarche vise notamment à faire connaître aux autorités la réalité du terrain, à défendre les médecins exerçant dans le respect de la réglementation et à protéger les patients contre des pratiques réalisées en dehors de tout cadre médical et sécuritaire, assure la même source.
Le SYTMES a souligné que son action ne vise « ni une profession ni des individus », mais porte avant tout sur la sécurité des patients, la qualité des soins et le respect de la législation.
Il a également rappelé que la médecine esthétique constitue, selon lui, une spécialité médicale nécessitant une formation et des compétences spécifiques, des équipements conformes, ainsi qu’une connaissance des éventuelles complications et la capacité d’assurer la prise en charge médicale du patient en cas d’incident.
Le syndicat a enfin indiqué qu’il poursuivra sa collaboration avec les autorités compétentes afin de veiller à l’application effective des décisions prises et à l’exercice de la médecine esthétique dans un cadre sécurisé et réglementé, réaffirmant son objectif de « protéger le patient, défendre la médecine et valoriser les professionnels qui exercent dans les règles ».
Plus tôt dans la journée, le Conseil national de l’Ordre des médecins de Tunisie a publié un communiqué dans lequel il a réaffirmé que la médecine esthétique reste une activité médicale à part entière, soulignant que les injections et autres actes médicaux à visée esthétique doivent être pratiqués par des professionnels qualifiés et compétents, dans des conditions garantissant la sécurité des patients.
Des représentants du SYTMES avaient, par ailleurs, appelé, lors d’une séance d’audition organisée en juillet dernier par la commission parlementaire de la santé, à élaborer une nouvelle loi visant à mettre fin aux différentes pratiques illégales dans le secteur et à renforcer la confiance dans le système de santé en Tunisie.
Ils avaient, également, insisté sur l’impératif de mettre en place des structures de contrôle et de suivi, de renforcer le contrôle de l’importation, de la distribution et de la circulation des équipements médicaux utilisés dans ce domaine, de garantir la traçabilité de leur origine et de durcir les sanctions financières à l’encontre des contrevenants.
(D’après Tap)
