Nesrine Dali, spécialiste en plaidoyer au sein de la société civile, estime que les caravanes de santé constituent un véritable outil de réduction des inégalités d’accès aux soins. Leur rôle, souligne-t-elle, ne devrait pas se limiter à des interventions ponctuelles, mais s’inscrire dans une politique durable de proximité, notamment en matière de santé sexuelle et reproductive.
« Une caravane permet d’abord d’aller vers les femmes qui rencontrent des difficultés à se déplacer. Mais son rôle ne devrait pas s’arrêter à une journée de consultations. Elle doit constituer le premier maillon d’un parcours de soins, avec une orientation, un suivi et une coordination avec les structures sanitaires locales », explique-t-elle.
Dans cette perspective, la généralisation des caravanes de l’Office national de la famille et de la population (ONFP) pourrait contribuer à réduire les inégalités territoriales.
« Dans certaines régions, le problème n’est pas l’absence de droit à la santé, mais la difficulté à exercer concrètement ce droit. Lorsqu’une femme doit dépendre d’un transport ou perdre une journée entière pour une consultation, le droit devient théorique. La proximité permet de lever une partie de ces obstacles », souligne Nesrine Dali.
Pour la société civile, ces caravanes doivent également jouer un rôle dans la prévention, le repérage des besoins et le plaidoyer. Leur régularité permettrait surtout de créer une relation de confiance avec les populations et de construire un véritable pont entre les femmes et les structures sanitaires.
« La proximité est une question de dignité. Une femme ne devrait pas avoir à choisir entre s’occuper de sa famille et prendre soin de sa propre santé », conclut Nesrine Dali.
Mona BEN GAMRA
