Sous un soleil tapant, le métro était arrêté à la station de Bab Alioua où beaucoup de voyageurs y montaient et en descendaient. Nous avions de la chance d’être «tombés» nez à nez avec le nouveau lézard blanc et vert, car on l’avait trouvé devant nous longeant le quai sans avoir l’obligation de l’attendre pendant au moins une demi-heure, comme c’était de coutume. Mais notre joie n’était qu’éphémère car à l’intérieur, les très nombreux voyageurs debout étaient entassés et écrasés, si bien qu’on trouvait du mal à circuler, se contentant de s’accrocher à un panneau à portée de main pour ne pas tomber et de trouver quelques centimètres pour un espace minuscule de vie.
A ce détail s’ajoutaient ceux de la forte chaleur insupportable et du manque d’air qui y régnaient. La climatisation annonçait ainsi son absence. Les voyageurs qui m’entouraient de tous les côtés ne se parlaient pas. Ils restaient et étrangement si calmes devant cette scène, pas du tout à envier. Nous avions dû attendre un peu trop pour que le métro redémarre, car des voyageurs y montaient encore. Les portes refermées, nous étions partis vers la station de Tunis Marine après que le métro s’était arrêté à trois arrêts. Mais voilà qu’un voyageur prenait la parole presque à voix basse pour dire aux gens qui ne le quittaient pas d’une semelle que s’il était le conducteur de ce métro, il n’accepterait pas de le conduire, parce que les voyageurs croiraient que c’était lui le fautif et la cause de la fournaise infernale. Malgré son étouffement, un voisin lui répondit : «Vous seriez expulsé de votre travail et arbitrairement !» Un autre voyageur, aussi écrasé que le précédent, ajouta : «Non ! Il y aurait un conseil de discipline et là, vous seriez exclu selon la loi en vigueur, soit légalement !» Votre serviteur arrivait à peine à respirer, bien que quelques petites fenêtres fussent ouvertes. Elles ne donnaient, en effet, aucun résultat positif capable de permettre à la grande foule de souffler. Un bain de foule, mais surtout un bain de sueur intense gratuite avait fait le nécessaire pour que notre visage et notre corps deviennent tout mouillés avec une chemise à moitié rincée et que remarquaient plusieurs gens dans le métro. Un grand nombre de voyageurs étaient descendus à la station de la Place de Barcelone. Il ne restait que deux stations pour le petit monde occupant les places assises pour arriver à destination.
Une punition non méritée
On avait pu prendre une petite bouffée d’air, parvenue durant l’ouverture des portes. Mais la chaleur régnait toujours à la station Farhat Hached et jusqu’au terminus, à Tunis Marine, tout près de la station du train TGM desservant la banlieue nord de Tunis. Un voyageur nous a rappelé qu’au début de son exploitation, ce nouveau métro se distinguait par sa climatisation parfaite, si bien qu’on était tout contents d’y monter. «Mais tout cela a changé malheureusement et depuis plusieurs années», avait-il ajouté. En descendant du cher métro, à la station de Tunis Marine, il y avait heureusement une brise marine qui parvenait du lac de Tunis et des eaux de l’ancien port. Cela avait permis à nos vêtements de commencer à sécher un peu après avoir traversé l’épreuve difficile d’une méchante chaleur. Pourtant, la chaleur est devenue moins intense que les jours précédents à Tunis. Mais à l’intérieur du métro, il fait encore et toujours très chaud. Nous sommes en droit de se demander pourquoi on reçoit une telle punition de la part de notre métro à tous. Nous méritons mieux de la part de ses responsables qui devraient prévoir des améliorations au niveau des services rendus au public qui paie son ticket et qui respecte son environnement.
Lotfi BEN KHELIFA
