Le président de l’association tunisienne de défense des droits de l’enfant Moez Cherif, a appelé jeudi à une révision urgente des mécanismes de traitement médiatique et numérique des questions relatives à l’enfance en Tunisie.
Il a souligné la nécessité de développer des concepts de droit liés à l’enfance et d’assurer aux parents des programmes « d’éducation parentale » pour protéger les enfants contre toutes formes de violence, notamment, la violence psychologique et numérique.
Le président de l’association a critiqué dans une déclaration à la TAP, le traitement médiatique et sur les plateformes numériques de l’affaire de l’adolescente de 15 ans qui a été victime d’agression sexuelle, appelant à protéger les données personnelles des enfants sur les réseaux sociaux et dans tous les supports médiatiques et numériques, afin de prévenir les répercussions psychologiques et sociales sur les victimes.
Moez Cherif a affirmé que la couverture médiatique des questions liées à l’enfance se limite souvent à une approche sensationnaliste provoquant des réactions émotionnelles, qui transforme l’enfant victime en un sujet de « stigmatisation sociale permanente ».
Dans ce contexte, il a mis en garde contre la prolifération de la violence numérique à l’encontre des enfants sur les réseaux sociaux, qui a amplifié les violations graves du fait de la diffusion de photos et de vidéos d’enfants, relevant la nécessité de protéger les données personnelles des victimes afin d’éviter les conséquences psychologiques négatives à long terme.
Cherif a signalé que la protection des enfants nécessite une approche sociale globale qui incombe à tous les intervenants, depuis la petite enfance jusqu’aux adolescents et jeunes adultes.
« Il n’est pas équitable de considérer que la protection des enfants repose uniquement sur les familles, surtout que celles-ci s’investissent dans leur éducation par différentes méthodes, en mettant en avant leur intérêt supérieur ».
Il convient de rappeler qu’une étude sur « le coût de la violence contre les enfants en Tunisie », publiée en 2025 par le ministère de la famille, de la femme, de l’enfance et des personnes âgées, en collaboration avec l’Observatoire des droits de l’enfant et avec le soutien de l’UNICEF, a révélé une augmentation record du nombre de signalements concernant la violence en ligne contre les enfants, notamment l’exploitation et les agressions sexuelles via Internet ainsi que la publication de photos et de vidéos illégales.
Le nombre de signalements a dépassé 124 mille en 2023, contre environ 66 mille en 2019.
