Les indicateurs économiques de la Tunisie affichent une stabilité relative, en dépit de la multiplicité des risques et des défis, dont les répercussions de la crise géopolitique au Moyen-Orient surtout sur les échanges commerciaux et les prix de l’énergie, a indiqué la ministre des Finances, Mechkat Salma Khaldi, jeudi, lors d’une séance d’audition, organisée par la Commission des Finances et du Budget de l’Assemblée des Représentants du Peuple et le Conseil National des Régions et des Districts (CNRD), consacrée à la présentation des données relatives à l’exécution du budget de l’État pour l’année 2026.
La ministre a expliqué, à cette occasion, que « la situation économique nationale demeure sensible par divers facteurs internes et externes, ce qui nécessite de continuer à surveiller l’évolution des indicateurs économiques et financiers, compte tenu des pressions qui pèsent sur les équilibres commerciaux et extérieurs ».
Dans ce contexte, elle a évoqué les répercussions de l’expansion du secteur informel, estimant qu’outre la concurrence déloyale vis-à-vis des entreprises opérant dans le secteur formel, ce phénomène affecte les ressources de l’État et compromet l’égalité des chances entre les opérateurs économiques.
Par ailleurs, Khaldi a révélé que l’État a constaté des formes de collaboration entre certains secteurs formels et le secteur informel, ce qui impose le renforcement des mécanismes de contrôle et de suivi afin de faire face à ce genre de pratiques.
Et d’ajouter que le gouvernement a élaboré un plan visant à faciliter l’intégration progressive des activités économiques informelles dans le cadre légal, à même de contribuer à élargir l’assiette de l’activité économique formelle et à renforcer le respect des obligations fiscales et législatives.
Mettant l’accent sur les échanges commerciaux, la ministre a fait état de la hausse des importations de 13,1%, contre une croissance des exportations de 8,6%, et ce, dans le cadre du suivi de l’exécution du budget de l’État pour l’année 2026, estimant que la hausse des importations à un rythme plus rapide que celui des exportations entrainerait l’accroissement des pressions sur la balance commerciale ainsi que la hausse du besoin en financement extérieur.
En ce qui concerne les échanges énergétiques, les données présentées ont montré que le déficit commercial énergétique a atteint 10 480 millions de dinars (MD), soit environ 50% du déficit commercial global.
S’agissant des ressources extérieures, elle a fait savoir que les recettes touristiques ont enregistré une hausse de 3,7%, tandis que les transferts des Tunisiens à l’étranger ont progressé de 4,4%, notant que les recettes drainées ont contribué au financement d’une partie du déficit extérieur.
Par ailleurs, Khaldi a indiqué qu’au 23 octobre 2026, la Tunisie disposait de réserves s’élevant à 24 180 MD, soit l’équivalent de 93 jours d’importation, contre 107 jours à la même période de l’année précédente.
