«L’économie numérique est l’enjeu de demain et une véritable source de richesse. La Tunisie dispose des atouts nécessaires pour devenir un acteur majeur de l’économie numérique à l’échelle régionale, continentale et même mondiale», a déclaré le ministre des Technologies de la communication, Sofiène Hemissi.
Lors de l’inauguration de la dixième édition du Tunisia Digital Summit (TDS), tenue le mercredi 22 avril 2026 sous le thème «La Tunisie place le partenariat public–privé–startups au cœur de l’innovation digitale», le ministre a souligné que la Tunisie a investi de manière continue dans ses infrastructures numériques.
«Aujourd’hui, les réseaux de fibre optique couvrent de larges parties du territoire, les services de quatrième génération (4G) atteignent presque une couverture totale, et le déploiement de la cinquième génération (5G) a été lancé», a-t-il précisé.
Dans la continuité, le ministre a affirmé que la transformation numérique n’est plus un choix, mais une nécessité historique dictée par les exigences du développement et les aspirations du citoyen tunisien, qui aspire à des services publics de qualité, une administration de proximité, transparente, et des institutions à la hauteur de ses attentes.
«Le gouvernement a ainsi fait de la transformation numérique l’un des piliers fondamentaux de son programme de réformes, convaincu que la numérisation des services publics ne se limite pas à une simple modernisation technique ou au remplacement du papier par des écrans. Il s’agit d’une refonte profonde de la relation entre l’État et le citoyen», a-t-il ajouté.
Numérisation des services publics : un levier contre la corruption administrative
Dans un autre volet, le ministre a indiqué que numériser un service permet non seulement de protéger le citoyen contre l’arbitraire administratif et de réduire les coûts directs et indirects, mais aussi de lutter efficacement contre la corruption administrative. «Dans un environnement numérique, il n’y a pas de place pour la corruption, chaque étape et chaque transaction est tracée», a-t-il affirmé.
À ce titre, il a expliqué que l’intégrité numérique n’est pas un slogan, mais une véritable infrastructure. Elle commence par l’instauration du principe de priorité au numérique, dans chaque nouveau processus administratif, se poursuit par la mise en place de mécanismes de traçabilité et de redevabilité, et aboutit à l’ancrage d’une culture où la transparence devient une valeur fondamentale et non une simple procédure.
À cet effet, le ministre a présenté le lancement d’un ensemble intégré de projets, notamment l’élargissement du portail des services publics numériques afin de couvrir un maximum de prestations administratives, la généralisation de l’interopérabilité entre les systèmes, ainsi que la modernisation globale de grands systèmes d’information publics dans des secteurs clés. «Parmi eux figurent les services douaniers, le système d’assurance maladie, les systèmes financiers publics, la gestion des ressources humaines de l’État, ainsi que le développement de plateformes numériques majeures dans les domaines de la santé, de la justice et de l’éducation», a-t-il précisé.
Le TDS mise sur la synergie entre secteurs public, privé et startups
S’agissant de la dixième édition du Tunisia Digital Summit (TDS), le ministre a souligné que ce rendez-vous n’est plus une simple manifestation technologique périodique, mais qu’il est devenu une étape stratégique annuelle, permettant d’évaluer les réalisations accomplies et de tracer les contours de l’avenir numérique de la Tunisie, dans un monde en mutation accélérée.
«Cette édition revêt une importance particulière, d’autant plus que sa thématique est au cœur des enjeux actuels, le partenariat entre le secteur public, le secteur privé et les startups au service d’une innovation rapide. Un intitulé qui reflète fidèlement l’orientation adoptée par le gouvernement dans sa gestion du dossier de la transformation numérique», a-t-il ajouté.
De son côté, le président du comité d’organisation du sommet, Skander Haddar, a indiqué que plusieurs axes ont été définis, en parfaite cohérence avec la vision du ministère des Technologies de la communication et l’ensemble des parties prenantes.
Dans ce cadre, il a précisé que le premier axe porte sur le renforcement du partenariat entre le secteur public, le secteur privé et les startups, au service de la digitalisation en Tunisie. Dans la même dynamique, le deuxième axe prévoit la mise en place d’un espace d’exposition dédié aux startups, destiné à valoriser leurs solutions et leurs expériences, tout en favorisant les rencontres avec des entreprises établies.
Poursuivant sur sa lancée, il a ajouté que le troisième axe consiste en l’organisation d’un hackathon autour de la production de vidéos à l’aide de l’intelligence artificielle. Quant au quatrième axe, il concerne la participation de la Tunisie, pour la première fois, à la finale de la Startup World Cup, qui se tiendra les 4, 5 et 6 novembre 2026 à San Francisco, aux États-Unis.
Par ailleurs, il a souligné que ce sommet accueillera plus de 80 exposants, présentant les dernières solutions digitales et innovations technologiques, dans un espace spécialement dédié au networking et au développement de partenariats professionnels et commerciaux.
S’agissant du programme, le sommet, qui se tient les 22 et 23 avril 2026, propose, sur deux jours, plus de 30 panels et ateliers, avec la participation de responsables gouvernementaux, de dirigeants, d’experts et d’investisseurs.
La journée du jeudi 23 avril 2026 sera marquée par deux événements. D’une part, la finale régionale de la Startup World Cup Tunisia, au cours de laquelle dix startups tunisiennes présenteront leurs projets devant un jury d’experts. D’autre part, la finale du AI Ad Award, un hackathon national organisé en partenariat avec l’Agence Foncière Industrielle (AFI), autour du thème : «Réinventer les zones industrielles grâce à l’intelligence artificielle».
Nouha MAINSI
