Selon un communiqué de l’Organisation mondiale de la santé, daté du 14 mai, la Tunisie devient le 14e pays de la Région de la Méditerranée orientale de l’OMS à avoir éliminé au moins une maladie tropicale négligée. En l’occurrence ici, le trachome.
Par un communiqué, l’Organisation mondiale de la Santé a validé l’élimination du trachome dans notre pays en tant que problème de santé publique. Pour l’OMS, il s’agit d’une étape majeure dans le parcours de santé publique du pays, fruit de décennies d’efforts nationaux soutenus.
Le directeur général de l’OMS a félicité notre pays «pour cette réussite historique en matière de santé publique». Pour lui, l’élimination du trachome démontre ce que peuvent accomplir «un engagement politique à long terme, des soins de santé primaires solides et un travail d’équipe efficace», et notre pays a prouvé que même la principale cause infectieuse de cécité au monde peut être vaincue.
Le trachome est la première maladie tropicale négligée à avoir été éliminée dans notre pays, qui devient le 14e pays de la Région de la Méditerranée orientale de l’OMS à avoir éliminé au moins une maladie tropicale négligée et le 31e pays au monde à être validé comme ayant éliminé le trachome en tant que problème de santé publique.
Le trachome est causé par la bactérie Chlamydia trachomatis et se transmet par contact étroit avec des personnes infectées, par contact avec des surfaces contaminées et par les mouches porteuses de sécrétions oculaires et nasales. Les infections répétées peuvent entraîner des cicatrices sur les paupières, un retournement des cils vers l’intérieur et, à terme, la cécité en l’absence de traitement.
14e pays méditerranéen et 31e au monde
Il est à noter que le trachome est étroitement lié à un accès limité à l’eau, à l’assainissement et à l’hygiène, et touche plus durement les populations vulnérables. Au début et au milieu du XXe siècle, le trachome était endémique dans notre pays, affectant au moins la moitié de la population, notamment dans les régions du Sud.
Il est signalé que, pendant des décennies, notre pays a mené une riposte globale et soutenue au trachome, transformant ainsi un lourd fardeau sanitaire en une réussite.
Il a adopté et étendu la stratégie SAFE recommandée par l’OMS, à savoir chirurgie pour les cas avancés, antibiotiques pour éradiquer l’infection, hygiène du visage pour limiter la propagation et amélioration de l’environnement, notamment un meilleur accès à l’eau et à l’assainissement.
Il est rappelé que notre pays a, également, mené des campagnes nationales de dépistage et de traitement, intégré les soins oculaires aux programmes de soins primaires et de santé scolaire et collaboré avec les communautés pour promouvoir de bonnes pratiques d’hygiène.
Le communiqué indique que ce succès fait suite à une longue campagne menée par notre ministère de la Santé, avec le soutien de l’OMS et de ses partenaires, et fondée sur des politiques de santé publique et de développement social solides. La solidité du système de santé, notamment l’accès étendu aux soins de santé primaires et les progrès significatifs réalisés en matière d’accès à l’eau et à l’assainissement, a contribué à réduire la transmission et à faire baisser la prévalence de la maladie.
Un système de surveillance post-validation robuste est désormais en place pour détecter rapidement toute réapparition de la maladie. Ce système prévoit la prise en charge continue des cas et la formation des professionnels de santé.
Zouhour HARBAOUI
