Les ordinateurs n’existent plus dans les espaces Publinet, du moins à Tunis, car depuis plusieurs mois, les Centres publics de fourniture de services Internet, soit les publinets qui n’ont pas fermé, ont arrêté d’offrir ce service payant. Il n’y reste plus, dans la plupart des cas, qu’un seul ordinateur qu’utilise le responsable du centre pour offrir aux clients potentiels des services rapides et payants comme, à titre d’exemple, aller sur un site et imprimer des documents dont ils auraient besoin car, bien que disposant d’un PC chez eux, ils ne possèdent pas d’imprimante.
Il s’agit aussi pour le fournisseur d’Internet d’aller chercher un texte court ou long sur la Toile, puis de l’imprimer pour le demandeur. Le client peut également présenter une clef USB où figure un texte qu’il a rédigé et qui va être imprimé illico presto. Jusque-là, les clients sont bien servis. Mais quand il s’agit pour les élèves de l’enseignement primaire ou secondaire et même pour les étudiants du supérieur de faire une recherche à propos d’un sujet précis, cela demande beaucoup plus de temps pour l’agent du Publinet. Pour cela, il est des centres où l’on trouve deux agents de service pour parer à toute éventualité, en essayant de fournir le maximum de services possibles. Cela nécessite beaucoup plus de temps. Si bien que le lieu se remplit souvent de clients qui attendent chacun son tour, installés sur des chaises. Cela rappelle l’atmosphère d’un salon de coiffure bondé. Mais le choix des Centres publics de fourniture de services Internet d’alléger leur travail et d’arrêter, peut-être, les dépenses faramineuses nécessaires pour réparer les ordinateurs ou pour en acheter de nouveaux appareils, ne s’adapte pas à la réalité des choses. Car on sous entend que «tout le monde a un ordinateur et un téléphone portable intelligent». Certes, cela est valable pour un grand nombre de citoyens, mais il en reste encore d’autres qui ne disposent que d’un téléphone classique et peut-être d’un ordinateur chez eux, mais sans l’imprimante, comme indiqué auparavant. Le Smartphone semble avoir tout simplifié, tout fourni, mais il n’en demeure pas moins que des détails subsistent, voire des services qui nécessitent un déplacement dans un centre Publinet.
Pourquoi sacrifier les ordinateurs publics ?
Ce choix de sacrifier les ordinateurs dans les publinets ne permet plus à beaucoup de gens, qui n’en ont pas, d’aller les utiliser pour taper un texte ou pour consulter leur boite mail quand ils n’ont pas sur leur téléphone portable un abonnement Internet. Il est des jeunes qui y allaient pour le gaming, alors que des parents amenaient leurs enfants pour des instants précis de jeux vidéo, le temps qu’ils fassent des courses. Ainsi, nos publinets disparaîtront-ils un jour et par petites étapes? Après avoir travaillé durant près de trois décennies dans des conditions difficiles, n’ayant pas suivi la formule des cybercafés en Europe et à travers le monde et qui existent toujours en ayant diversifié leur activité parfois dans de grands espaces, nos publinets se retrouveront-ils à limiter encore plus leurs activités et à disparaître un jour et au bout du compte ?
Lotfi BEN KHELIFA
