Les exemples d’actes incivils ne manquent pas. Au travail, dans la rue, dans le transport public, dans les écoles et même au sein des familles : partout, c’est du pareil au même. On remarque de plus en plus que les Tunisiens n’ont pas encore assimilé le vivre en commun dans l’espace public, qui impose des comportements moins égoïstes. Et si l’on cherchait une image symbolique de l’incivisme en Tunisie, ce serait dans nos plages.
Le spectacle se répète, chaque été, sur nos plages, supposées être des lieux de détente pour tous les citoyens. Alors que la plupart des plages tunisiennes souffrent déjà de différents maux, notamment le déversement des eaux usées, au point que certaines sont devenues impraticables, sachant que 23 plages tunisiennes ont été déclarées impropres à la baignade à cause des eaux polluées. Ce qui envenime encore la situation, c’est l’incivisme sur ces plages, un grand nombre de baigneurs sans scrupules se permettant de jeter et d’abandonner les déchets sur le sable. Chaque jour, surtout le weekend, des familles, notamment celles qui habitent loin de la mer, envahissent les plages pour y camper et quittent les lieux en laissant derrière des restes de pastèques, des sacs en plastique, des bouteilles d’eau vides, des couches bébés, des bouts de papiers…
L’incivisme des estivants derrière la pollution des plages
La plage est un lieu de détente où les citoyens se rendent aux moments des grandes chaleurs pour se rafraîchir et jouir d’un beau séjour au bord de la mer. La plage a toujours été synonyme de vacances, un lieu de loisirs où l’on peut se reposer tranquillement des vicissitudes du quotidien. Mais parfois, beaucoup trop souvent même, le sable est recouvert de déchets et d’immondices et la plage ressemble à d’horribles décharges jonchées de détritus divers et variés. Presque toutes nos plages publiques, et j’ose dire privées, deviennent dès les premiers jours de vacances de véritables dépotoirs où les saletés jonchent le sable et perdurent pendant toute la saison, faute d’entretien et de propreté de la part des autorités municipales. En ces jours de vacances, trouver une plage propre relève du véritable exploit. En raison des déchets jetés un peu partout, des plages se sont transformées en dépotoirs à ciel ouvert, la raison dans tout cela réside dans le désengagement de certains responsables de ces villes côtières et l’incivisme des vacanciers et baigneurs, en d’autres termes, c’est la négligence des autorités qui favorise l’indifférence des habitants et des vacanciers. La vie en bord de mer est en train de disparaître, on dirait que les citoyens ne sont pas sensibilisés aux questions environnementales à travers leur éducation. Ils développent donc un comportement anti-écologique et surtout anticivique.
Qui faut-il sensibiliser ? Les grands ou les petits ?
Partout où l’on va, soit sur des plages toutes proches ou lointaines, les estivants dénoncent le manque de civisme d’une catégorie de citoyens qui abandonnent leurs détritus, bouteilles en plastique, mégots, pots de yaourt, canettes de bière sans jamais se soucier des principes d’hygiène ni de la propreté des plages. Il est vrai que les autorités municipales et certaines associations font des campagnes de nettoyage au début de la saison estivale, mais dès les premiers jours, la saleté est de retour, s’accumulant durant toute la saison estivale. C’est ainsi que nos plages souffrent de tous les excès et débordements. D’ailleurs, cette pratique irresponsable et incivile ne vient pas seulement du côté des jeunes et des enfants qui, peut-être, ne sont pas suffisamment sensibilisés à la propreté des plages et des lieux de villégiature, mais ce sont parfois des adultes qui sont les auteurs de ces actes hostiles à l’environnement, eux qui devraient donner l’exemple aux nouvelles générations. Très souvent, on accable les jeunes générations de tous les reproches concernant leurs comportements dans les espaces publics. Mais en réalité, les adultes ne sont pas sans reproche à ce niveau. S’agissant de civisme, les aînés ont autant, sinon plus, besoin de leçons que les cadets. Cette vérité se confirme hélas tous les jours dans notre vie quotidienne. Car il va sans dire que l’incivisme des adultes déteint sur les jeunes. En fait, il y a pourtant des principes civiques que chacun est censé connaître et qu’on a appris dès l’enfance soit à l’école ou au sein de la famille. Mais il paraît que de tels principes disparaissent dès qu’on se trouve dans la rue ou sur la plage parmi la foule des gens, là où on devrait, au contraire, respecter certaines règles et faire appel aux bonnes conduites. C’est à se demander s’il faut éduquer les grands ou les petits en matière de respect de l’environnement !
Hechmi KHALLADI
