Depuis près d’un mois, les températures diurnes enregistrées en Tunisie avoisinent les quarante degrés et les dépassent parfois et largement. Une situation devenue invivable pour les personnes vulnérables à la chaleur excessive. Cela a perturbé la vie quotidienne des citoyens dans les villes et les villages, si bien que plusieurs commerces ferment en tout début d’après-midi fuyant la canicule galopante. Le soir, la vie ne reprend pas totalement, comme cela était le cas il y a des dizaines d’années, étant donné que la chaleur ne disparaît pas et qu’elle continue en version soft durant la nuit. Un détail qui a rendu la vie encore plus difficile. Car l’été, et malgré ses journées caniculaires, se rattrapait le soir avec l’apparition de l’air frais (estival, comme de bien entendu.) Si bien que les températures baissent selon les régions : près de la mer avec ses brises, pas loin des montagnes où il fait très froid…
Cela se passe parfois dans quelques régions du Nord-Ouest, dans des stations balnéaires, ou dans les grandes villes portuaires quand la fraîcheur marine gagne du terrain. De ce fait, les gens aiment l’été, non pas à cause de sa chaleur, parfois insupportable, mais par la magie de sa fraîcheur nocturne qui vient les soulager et leur permettre de souffler un peu et de passer de belles nuits sans souci de chaleur ni de sueurs continuelles. Mais, de nos jours, beaucoup de choses ont changé, comme nous l’avions signalé auparavant. Nous sommes en présence d’un phénomène rare qui a été provoqué, peut-être, par les changements climatiques qui voudraient s’installer définitivement sous nos cieux. On nous en a parlé depuis une quinzaine d’années pour nous informer, nous rappeler et nous avertir que la hausse des températures s’est accentuée et s’accentuera encore et que la vulnérabilité des écosystèmes et des populations s’accroît. De plus, le changement climatique a eu un impact négatif sur l’accès à l’eau et à l’alimentation, mais aussi sur la santé, avec l’augmentation des maladies transmises par les piqûres de moustiques et également sur la hausse de la mortalité liée aux vagues de chaleur. «Une surchauffe généralisée».
L’INM l’a déjà prévu
Depuis l’année dernière, on nous parle du phénomène de formation d’un «dôme de chaleur» sur nos têtes, pour le dire clairement. Il survient lorsque la masse d’air se réchauffe dans la journée et provoque des températures anormalement élevées s’étalant sur une grande étendue géographique. En ce qui nous concerne, ce dôme intéresse le Sud de l’Europe et le Nord de l’Afrique. Nous y sommes. Dans ses prévisions pour l’été 2026, l’Institut national de la météorologie (INM) avait annoncé que les températures seraient supérieures aux moyennes se situant entre 1991 et 2020. Le mois de juillet aura été celui le plus sec de l’année avec des précipitations inexistantes. A la fin du mois d’août, il y aura un retour progressif des pluies orageuses dans le nord-ouest et le centre-ouest. Attendons de voir ces éventuelles améliorations.
Lotfi BEN KHELIFA
