Depuis près de trois semaines, l’eau embouteillée se fait de plus en plus rare sur le marché dans une période de grande chaleur persistante. Une situation paradoxale que vit le citoyen tunisien tout essoufflé et en sueur, ne sachant plus à quel saint se vouer, étant donné qu’il doit «batailler» pour obtenir un peu d’eau à boire pour étancher sa soif devenue continuelle dans de pareilles circonstances exceptionnelles.
C’est une crise inattendue, puisqu’elle ne s’est peut-être jamais produite en pareille période estivale. Là où il ne fallait pas qu’elle ait lieu. Dans les grandes surfaces, les rayons d’eau minérale et de source sont pratiquement vides, ayant été «dévalisés» par les consommateurs assoiffés depuis belle lurette. Il en est de même chez les épiciers et chez les boutiques de vente de fruits secs et de tabac où l’eau minérale a tari. Et s’il y a un ou deux débits qui amènent de l’eau en bouteille, même en petit format, c’est la ruée vers l’or, pardon, vers l’eau qui a lieu. Tout le stock s’épuisera en quelques minutes. Et faut-il signaler que le prix de vente au public de ces petites bouteilles à 50 ou à 30 centilitres a augmenté d’un cran, feignant d’atteindre celui d’une bouteille d’un litre et demi d’eau dans les grandes surfaces, hors temps de crise. Les spéculateurs naissent de la crise qu’ils auraient eux-mêmes inventée, dirions-nous sans pour autant avoir de preuves tangibles pour argumenter notre propos.
A qui profite la crise ?
Les profiteurs-veinards savent-ils s’organiser et garantir à eux seuls un pactole alléchant aux dépens du consommateur ordinaire ? Ce dernier se trouve, et de toute évidence, dans l’obligation de payer à tout prix son eau minérale à boire, sa source de vie. Cette eau, aujourd’hui tant convoitée, ne coule plus de source. Elle a changé de système de fonctionnement. Elle semble couler en goutte à goutte, étant donné le manque d’eau existant. Après la crise de la souffrance en eau potable due aux coupures d’eau qui a intéressé le pays depuis quelques semaines, voilà que l’eau minérale lui emboîte le pas, créant un grand problème qui aurait pu être évité et qui semble perdurer. Un commerce juteux pour ceux qui en profitent et un véritable supplice pour tous les citoyens qui, parfois, se trouvent dans l’obligation d’être en file indienne pour pouvoir acheter une ou deux bouteilles d’eau. Et parfois, le consommateur est contraint de prendre des boissons gazeuses, à défaut d’eau manquante. Serait-ce là une grande ruée ou une bataille de l’eau en ces jours de chaleur insurmontable qui est venue s’abattre sur le citoyen lambda ?
Lotfi BEN KHELIFA
