L’éclatement du noyau familial traditionnel face aux grandes mutations socio-économiques a crééforcément des besoins en matière de prise en charge sociale et de structures d’accueil pour les enfants en bas âge. Le grand souci des parents, à chaque rentrée scolaire, est de laisser leur progéniture entre de bonnes mains et à moindre coût. Mais le rêve semble loin de la réalité. L’inconvénient est que le nombre des structures d’accueil privées (crèches, jardins d’enfants et écoles maternelles) reste très en deçà des besoins.
Le déséquilibre entre l’offre et la demande est tel que la multiplication de ces structures privées n’a pas réussi à combler les besoins. Même si les parents parviennent à trouver une place pour leur enfant, ils ne sont pas au bout de leurs peines. Et ce, avec la baisse du pouvoir d’achat, la cherté de la vie et les difficultés auxquelles l’on se heurte actuellement, outre les frais de scolarité. Avec des budgets restreints, certains parents confient cette mission à leurs proches. D’autres, n’ayant pas de quoi payer un établissement scolaire, optent pour des jardins d’enfants et des crèches qui ne respectent pas le cahier des charges.
La question de l’encadrement de la petite enfance s’impose de nouveau dans le débat public. Faute de places et face au coût des jardins d’enfants ou des crèches formelles, des milliers de familles ont recours à un système de garde informel, aux risques souvent mal mesurés.
Il est vrai que, selon l’avis de nombreuses familles eten dépit des prix élevés pratiqués dans certainsétablissements, les conditions d’accueil des bambins, dans certaines structures d’accueil, ne sont pas respectées. L’absence d’encadrement pédagogique, la surcharge, l’absence de règles de sécurité et d’hygiène, de salle de restauration, de récréation, sont autant de déficits relevés dans ce domaine. Il suffit de voir des jeunes passer la plus grande partie de la journée assis sur une chaise dans une seule pièce avec au moins une vingtaine de leurs petits camarades, dans le bruit assourdissant de leurs cris. Pas de salles d’études ou de repos. Rien. C’est ce qui ressort d’une tournée dans certains établissements dont les prestations ne répondent nullement, et loin de là, aux normes exigées, d’autant plus qu’ils ont la charge de petits enfants très fragiles. II faut s’imaginer, par exemple, une dizaine d’enfants, assissur de petites chaises en face d’une table basse, et ils parlent, crient, se battent dans le brouhaha. Il faut imaginer le sentiment de ces petits, contraints d’y rester 8 heures par jour, entre ces quatre murs, en attendant que papa ou maman viennent enfin les délivrer. Les exemples sont nombreux. Les parents ont intérêt à bien réfléchir avant de confier leurs petits à ce genre d’établissements qui n’ont de jardin d’enfants ou de crèche scolaire que le nom.
Les structures d’accueil improvisées et à bas coût, un choix risqué
Le cahier des charges exigé par l’administration reste hors de portée de nombreuses petites structures. Beaucoup aimeraient se mettre en conformité mais n’ont pas les moyens d’y arriver. Les exigences portent d’abord sur les locaux : implantation en rez-de-chaussée, absence d’étage ou de cave, plans autorisés, normes proches de standards européens. Les normes actuelles sont très complexes et strictes. L’une des vraies questions, c’est la formation.
Est-ce que ces animateurs sont formés ou pas? Est-ce qu’ils savent ce qu’ils font? À la contrainte du cahier des charges s’ajoute celle du coût. Si les crèches formelles sont aussi chères, c’est parce que l’essentiel de leurs dépenses est absorbé par les ressources humaines. 60 à 70% des charges sont consacrées aux éducatrices, au personnel encadrant et qualifié et à l’équipement. La qualité a nécessairement un prix. Chercher du très bas coût revient mécaniquement à accepter une prise en charge dégradée. Cette réalité économique exclut de fait une partie des familles et alimente le marché informel. C’est pourquoile ministère de la Famille, de la Femme, de l’Enfance et des Personnes âgées invite dans un communiqué publié sur sa page Facebook les parents, lundi, à inscrire leurs enfants dans des structures d’accueil privées (crèches, jardins d’enfants et écoles maternelles) conformes à la réglementation et répertoriées sur son site internet officiel : https://toufoula.femme.gov.tn/parent, en vue de la rentrée scolaire 2026-2027. Il a précisé que les parents peuvent contacter directement les délégations régionales présentes dans tout le pays afin de vérifier le statut de ces structures avant d’y inscrire leurs enfants. Le ministère a souligné le rôle essentiel des parents, partenaires clés, dans la lutte contre la prolifération des structures non réglementées accueillant des enfants en dehors du cadre légal, et dans la protection de ces derniers contre tout danger potentiel. Il a également rappelé aux parents l’importance de signaler ces structures en appelant le numéro vert 1809 ou en contactant les délégations régionales compétentes.
Kamel BOUAOUINA
