À chaque rentrée et tout au long de l’année, l’élan de solidarité des associations envers les élèves démunis constitue un rempart essentiel contre l’exclusion scolaire et la pauvreté. Face à l’augmentation du coût de la vie, la société civile et les structures caritatives se mobilisent pour offrir les mêmes chances de réussite à chaque enfant. Il est vrai que le premier obstacle pour les familles en situation de précarité est le coût financier des listes scolaires.
C’est pourquoi plusieurs associations se mobilisent pour collecter et distribuer des cartables garnis de cahiers, de livres et de trousses. Des campagnes seront organisées, permettant de financer des tabliers, des vêtements de tous les jours et des chaussures de sport. Des structures comme SOS Villages d’Enfants, Rotary, Lions ou l’Organisation tunisienne pour l’éducation et la famille (OTEF) débloquent chaque année des budgets importants (parfois plusieurs centaines de milliers ou millions de dinars) pour parrainer des milliers d’élèves vulnérables dès le premier jour de classe.
Quand les portes de l’école s’ouvrent à la solidarité
Offrir des fournitures scolaires ne suffit pas toujours. La solidarité s’exprime aussi par l’amélioration du cadre de vie des élèves, notamment dans les écoles rurales ou marginalisées. Des mouvements de jeunesse et des organisations humanitaires comme le Rotary club Nabeul néapolis ont décidé, dans cette optique, de doter un collège à l’AFH2 de Nabeul de matériel sportif pour ne pas priver les élèves de s’adonner aux activités sportives. «C’est une action citoyenne entamée cette année envers certains établissements scolaires. Nous avons décidé de mettre à niveau l’infrastructure sportive d’un collège. Lorsque les budgets publics manquent, les Rotariens se mobilisent pour transformer les cours de récréation et les espaces extérieurs en lieux de vie sécurisés, pédagogiques et épanouissants. Nos jeunes ont aussi mis les bouchées doubles en vue de collecter les fournitures scolaires. Le but est de donner un coup de pouce et d’aider les jeunes écoliers à bien commencer leur année scolaire en toute sérénité. Chacun peut y participer, soit en offrant des fournitures scolaires soit en faisant don d’une somme d’argent symbolique qui servira à acheter et à compléter des trousseaux. Ces cartables, cahiers, trousses et autres fournitures sont réunis avant d’être distribués à ceux qui en ont besoin. Une action de solidarité qui permet d’aider de nombreuses familles à l’approche d’une période souvent synonyme de grandes dépenses», a précisé Dr Slah Tebib, Président du Rotary club Nabeul Néapolis.
À travers différentes campagnes de collecte et appels aux dons, bénévoles, donateurs et citoyens se mobilisent ainsi pour permettre aux enfants de reprendre le chemin de l’école dans de bonnes conditions. Pour certaines familles, recevoir un cartable ou un kit scolaire représente un véritable soulagement et permet de réduire une partie des dépenses liées à la rentrée. Parmi les associations mobilisées, «Sourire pour tous». Des écrivains et des éditeurs ont fait don d’exemplaires de leurs livres au profit de l’association à la librairie Arthephage. La recette des ventes servira à acheter des fournitures scolaires pour des enfants en situation de précarité. La plupart des auteurs étaient sur place pour échanger avec les lecteurs et dédicacer leurs ouvrages transformant chaque livre acheté en un pas vers une rentrée plus digne pour un enfant. «Chaque don compte. Un livre, un cartable, quelques cahiers ou une aide financière peuvent compléter les kits en cours de préparation et nous rapprocher de notre objectif», a souligné l’un des responsables de l’association. En agissant là où les parents ont parfois des difficultés à acquérir ces fournitures scolaires, les associations prouvent que la solidarité reste le moteur essentiel d’une école plus accueillante et égalitaire.
Kamel BOUAOUINA
