En l’espace de quelques jours, le football tunisien, via le Onze national, est passé d’une calamité à une autre : après la mascarade ougandaise, la honte botswanaise. C’est-à-dire qu’à chaque sortie, on brandit fièrement sa «carte de fidélité aux échecs» brillamment et méritoirement obtenue, après les séances de shopping de misère effectuées durant les dernières éditions de la Coupe d’Afrique, de la Coupe arabe et de la Coupe du monde. Ça et là et pas plus tard qu’avant-hier, au lieu de foot, cette sélection de toutes les déceptions, de tous les malheurs, s’amusait à nous présenter des défilés de mannequinat où la combativité le cède à l’élégance, et la rigueur à la finesse. Le public tunisien, accro de sport-roi et défenseur tenace du drapeau national, est ainsi de nouveau puni. Impitoyablement. Il n’a plus alors que ses yeux pour pleurer. Là-bas sur le banc, un énième entraîneur de circonstance est pantois, désarmé. Ailleurs, dans le confort de la tribune, une équipe fédérale impassible qui, au lieu de conduire le bateau, s’emploie à précipiter son naufrage. Et comme on ne peut pas demander à un crocodile de jouer à la guitare, on n’a franchement plus rien à espérer de tout ce beau monde qui a énormément nui à notre football.
Alors, une supplique : de grâce, partez. Basta.
Mohsen ZRIBI
