La plus grande nouveauté ayant marqué le stage de préparation qu’effectue actuellement le Sept national n’est autre que le rappel du gardien de but de l’Espérance Sportive de Tunis, Assil Namli. Un come-back qu’on s’empresse de qualifier de «surprenant et inespéré». Surprenant, pour avoir pris au dépourvu tous ceux qui avaient la conviction que ce jeune garçon, par ses antécédents disciplinaires à répétition vis-à-vis de la sélection, était devenu à la fois incorrigible et irrécupérable.
Inespéré, parce que l’intéressé lui-même a publiquement juré, au lendemain de sa seconde suspension il y a exactement deux ans et demi, qu’il ne remettra plus jamais les pieds en équipe nationale.
Cette affaire (c’en était vraiment une) avait alors, faut-il le rappeler, provoqué un débat, puis carrément un tollé sur Facebook où les supporters «sang et or», dans leur foudroyant acharnement à défendre leur keeper jusqu’à le prendre pour un saint, ont versé leur courroux sur le sélectionneur Mohamed Ali Sghir et sur la fédération «pour leur provocation, leur partialité et leur «anti-espérantisme». Et pourtant, tout le monde se remémore que ledit gardien avait même eu des démêlés avec le club de Bab Souika où il a été renvoyé, à trois reprises, pour écarts de conduite. C’est que Assil Namli avait un si étrange caractère qu’il alterne à merveille le drôle et le dramatique.
Apprendre de ses erreurs
Le drôle, en sortant des matchs fous, en faisant gagner des titres à son équipe, en étalant ses extraordinaires qualités de lion dans sa cage, au point que la majorité des connaisseurs et experts tunisiens en handball le considèrent comme le meilleur gardien de but du pays. En revanche, son côté dramatique fait qu’il peut aisément dire non à son entraîneur et même à son employeur, sauter une séance d’entraînement sans aviser personne et s’offrir une virée nocturne en plein stage avec son équipe ! Idolâtré un jour, diabolisé le lendemain, l’ex-titi de Menzel Témime était, pour ainsi dire, le jeune surexcité qu’un rien énervait, le petit rebelle inconscient qui, dans un accès de colère, pouvait mettre une équipe sens dessus dessous. Intraitable, je-m’en-foutiste, il n’obéissait qu’à son instinct d’aventurier, qu’à ses fantasmes d’égaré aveuglé par une gloire qui a frappé tôt à sa porte.
Et, alors que d’aucuns croyaient que ses acquis de célébrité sont partis en fumée et qu’il a véritablement raté une très grande carrière internationale, Assil Namli revint subitement à la raison. Incroyable mais vrai, et il l’a avoué, l’été dernier, dans une déclaration à une radio de la place où il a fait enfin son mea-culpa, assurant qu’il s’est définitivement assagi et qu’il a ouvert une nouvelle page faite de sérieux, de correction, d’application et d’abnégation. Et jusqu’à présent, il tient parole, d’où son retour récent en sélection. A 24 ans, rien n’est perdu pour lui et tout peut se reconstruire, à la condition d’avoir, une fois pour toutes, retenu la leçon et appris de ses erreurs.
Mohsen ZRIBI
