L’interruption de l’allaitement maternel après six mois et le recours au lait artificiel s’expliquent principalement par un manque de sensibilisation aux bienfaits de l’allaitement prolongé (au-delà d’un an) et aux moyens de maintenir une production suffisante de lait maternel, a indiqué, samedi, la secrétaire générale de l’Association Hanen pour la promotion de l’allaitement maternel, Olfa Rabeh.
Dans une déclaration à l’agence TAP, en marge de la 7e Journée nationale de l’allaitement maternel, organisée par l’association à la Cité des Sciences de Tunis sous le thème « Allaiter aujourd’hui, protéger demain », Olfa Rabeh a souligné que l’entourage familial et certains professionnels de santé incitent parfois les mères à recourir au lait infantile artificiel.
Selon elle, si 100 % des mères optent pour l’allaitement maternel immédiatement après l’accouchement, le taux d’allaitement maternel exclusif durant les six premiers mois de vie du nourrisson ne dépasse toutefois pas 17,8 %, selon les données de l’enquête par grappes à indicateurs multiples (MICS) de 2023.
La secrétaire générale de l’Association Hanen a également mis en avant les nombreux bienfaits de l’allaitement maternel au-delà de six mois, tant pour la mère que pour l’enfant. Il contribue notamment à réduire les risques d’hémorragie, à favoriser la santé mentale de la mère et à diminuer de 4 % le risque de cancer du sein lorsque l’allaitement est poursuivi pendant dix mois consécutifs.
L’allaitement maternel permet également de réduire les dépenses liées à l’achat de lait artificiel et de limiter la pollution environnementale générée par les déchets d’emballage, a-t-elle ajouté.
Organisée à l’occasion de la Semaine mondiale de l’allaitement maternel, célébrée en Tunisie du 1er au 7 novembre 2026, cette 7e Journée nationale réunit des professionnels de santé de différentes spécialités, des chercheurs, divers partenaires ainsi que de jeunes start-up et entreprises.
Plusieurs thématiques d’actualité figurent au programme, notamment les liens entre l’allaitement maternel et les Objectifs de développement durable (ODD). Les discussions porteront sur ses multiples retombées, notamment en matière de protection de l’environnement, de santé maternelle et infantile, de bien-être et de prévention des maladies infectieuses.
Le Code international de commercialisation des substituts du lait maternel, adopté par l’Organisation mondiale de la santé (OMS), figure également parmi les principaux sujets de débat.
Le programme prévoit par ailleurs une table ronde consacrée à la santé maternelle et à l’allaitement, dans le cadre d’un projet porté par le ministère de la Santé et la Direction des soins de santé de base.
Les échanges aborderont notamment la santé mentale de la mère après l’accouchement et le rôle de l’allaitement maternel, à la lumière des données statistiques disponibles. Ils porteront également sur le projet de mise en place d’un réseau de périnatalité et sur la place accordée à l’allaitement maternel dans ce dispositif, porté par le ministère de la Santé et l’Association tunisienne de médecine néonatale.
