La Fédération générale de l’enseignement secondaire a annoncé, avant-hier, le maintien de son mot d’ordre de boycott des évaluations écrites et orales lors du deuxième trimestre de l’année scolaire, en réaction au blocage du dialogue social et ce, malgré l’opposition du Bureau exécutif de l’Union générale tunisienne du travail (UGTT) à cette action revendicative.
«Conformément à la décision de la commission administrative sectorielle tenue le 16 novembre 2025, toutes les formes d’évaluation ne seront pas assurées à partir du deuxième trimestre», a déclaré le secrétaire général adjoint de la fédération, Hatem El Heni, citant les épreuves orales, les devoirs de contrôle, les travaux pratiques et les devoirs de synthèse.
«La décision de boycott des examens a été prise il y a environ deux mois durant lesquels le ministère de l’Education a continué à refuser le dialogue avec la partie syndicale sur les diverses revendications des enseignants et la mise en œuvre de plusieurs accords conclus ces dernières années», a-t-il ajouté.
Le Bureau exécutif de l’UGTT a jusqu’ici refusé de signer la motion votée par la commission administrative sectorielle de la Fédération générale de l’enseignement secondaire, qui comprend une décision de boycott des évaluations lors du deuxième trimestre de l’année scolaire en cours. La direction de la centrale syndicale s’est ainsi désolidarisée du mouvement de protestation, qui sera ainsi «illégal» au cas où la fédération s’accrocherait à l’escalade, selon les dispositions du règlement intérieur de l’organisation syndicale et de la législation du travail.
La Fédération générale de l’enseignement secondaire dénonce le refus du ministère de l’Education de mettre en œuvre des procès-verbaux conclus au cours des dernières années, dont l’accord du 23 mai 2023, qui prévoit l’octroi d’augmentations salariales échelonnées sur trois ans, à raison de 100 dinars par an, pour compenser la détérioration du pouvoir d’achat des enseignants du secondaire dans un contexte marqué par une hausse vertigineuse des prix.
Des revendications à impact financier considérable
Elle fustige également les violations du droit syndical, la dégradation des infrastructures dans les établissements éducatifs, ainsi que l’exclusion de la partie syndicale des concertations sur le mouvement des enseignants.
La Fédération générale de l’enseignement secondaire, qui avait organisé tout au long de l’année scolaire écoulée plusieurs actions de protestation contre le blocage des négociations avec le ministère de l’Education dont une grève générale le 26 février 2025, réclame aussi le lancement d’un dialogue national sur la réforme de l’éducation dans les plus brefs délais, l’intégration de la totalité des enseignants suppléants, la révision à la hausse du montant de plusieurs indemnités telles que celles de la rentrée scolaire, du contrôle et de la correction des examens, ainsi que l’octroi d’échelons et de grades exceptionnels.
Elle revendique, d’autre part, la revalorisation des primes dont bénéficient les directeurs et les proviseurs des collèges et des lycées secondaires et de l’indemnité pédagogique, ainsi que la révision à la hausse des budgets des établissements éducatifs secondaires, la généralisation des bourses universitaires aux descendants des enseignants et l’adoption d’une loi qui criminalise toutes les formes d’agressions ciblant le corps enseignant.
Le ministère de l’Education estime cependant que la majorité des revendications des enseignants du secondaire a un impact financier considérable qui risque d’avoir des répercussions négatives sur les équilibres budgétaires à l’heure où le gouvernement se penche sur des dossiers plus brûlants tels que l’intégration de plusieurs milliers d’enseignants suppléants et la suppression des diverses formes de travail précaire, à l’instar de la sous-traitance dans le secteur public.
Walid KHEFIFI
