La Tunisie franchit une nouvelle étape dans sa stratégie de transition énergétique avec la mise en place d’un projet photovoltaïque d’envergure dans la région de Gabès. Annoncée en février 2026, cette initiative s’inscrit dans une dynamique globale visant à réduire les émissions de gaz à effet de serre et à renforcer la part des énergies renouvelables dans le mix énergétique national.
D’une capacité de 130 mégawatts, cette future centrale solaire devrait contribuer de manière significative à la production d’électricité verte. Elle vient ainsi consolider les efforts entrepris par les autorités tunisiennes pour faire face aux défis climatiques, dans un contexte marqué par une dépendance énergétique encore importante et une pression croissante sur les ressources naturelles.
Le projet bénéficie d’un appui financier extérieur, notamment à travers un mécanisme international de compensation carbone soutenu par le Japon. Ce dispositif vise à accompagner les pays partenaires dans la mise en œuvre d’initiatives permettant de limiter leur empreinte environnementale, tout en favorisant le transfert de technologies propres. Dans ce cadre, une enveloppe pouvant atteindre l’équivalent de plusieurs dizaines de millions de dinars a été mobilisée. Ce financement constitue un levier essentiel pour concrétiser des projets d’infrastructure énergétique à forte intensité capitalistique, souvent difficiles à porter uniquement par les ressources nationales. La réalisation de la centrale a été confiée à un groupe industriel japonais de premier plan, en collaboration avec un partenaire européen. Cette coopération illustre l’intérêt croissant des acteurs internationaux pour le marché tunisien des énergies renouvelables, perçu comme porteur malgré les contraintes économiques.
Un maillon supplémentaire dans la stratégie nationale
Ce projet ne constitue pas une initiative isolée, il s’inscrit dans une série d’investissements similaires déjà engagés dans plusieurs régions du pays, notamment dans le Centre et le Sud. Ces projets traduisent une volonté claire de diversifier les sources d’énergie et de réduire progressivement la dépendance aux énergies fossiles.
À terme, l’objectif est d’augmenter significativement la part du renouvelable dans la production d’électricité, conformément aux engagements climatiques pris par la Tunisie à l’échelle internationale. Le développement du solaire apparaît, à cet égard, comme un axe prioritaire, compte tenu du fort potentiel d’ensoleillement dont bénéficie le territoire.
Au-delà de son impact environnemental, ce type de projet devrait également générer des bénéfices économiques et sociaux. La phase de construction mobilisera une main-d’œuvre locale, tandis que l’exploitation de la centrale contribuera à la création d’emplois durables, même si leur nombre reste limité dans ce type d’infrastructure. Par ailleurs, l’augmentation de la production d’électricité d’origine renouvelable pourrait permettre de réduire la facture énergétique du pays sur le long terme, en limitant les importations de ressources fossiles.
Vers une transition énergétique progressive mais nécessaire
Dans un contexte de déséquilibre budgétaire et de tensions sur les finances publiques, cet aspect revêt une importance particulière.
Malgré ces perspectives encourageantes, plusieurs défis demeurent.
La réussite de ce projet dépendra notamment du respect des délais de réalisation, de la qualité de la coordination entre les différents partenaires et de la capacité à intégrer efficacement cette nouvelle production dans le réseau électrique national. La question du financement à long terme des projets énergétiques reste également posée. Si les soutiens internationaux jouent un rôle clé, la pérennité de la transition énergétique tunisienne nécessitera une mobilisation accrue des investissements, publics comme privés.
Avec ce nouveau projet à Gabès, la Tunisie confirme son engagement sur la voie de la transition énergétique. Dans un contexte mondial marqué par l’urgence climatique, ce type d’initiative apparaît comme une réponse concrète aux enjeux environnementaux actuels.
Reste que cette transition devra s’inscrire dans la durée, avec une vision stratégique claire et une capacité d’adaptation aux contraintes économiques. Entre ambitions écologiques et réalités budgétaires, le défi pour la Tunisie sera de maintenir le cap, tout en assurant un équilibre entre développement durable et stabilité économique.
Leila SELMI
