Après être revenu de très loin, le Club Sportif Sfaxien n’est pas prêt à lâcher prise en haut de la hiérarchie. En effet, à l’issue de la cinquième journée du championnat, le club «noir et blanc» occupait la 8e place avec le maigre total de 5 points, assorti d’une seule victoire, 2 défaites et autant de matches nuls. Cette marche boiteuse laissait présager alors une séparation avec l’entraîneur Mohamed Kouki, revendiquée du reste par une frange non négligeable des supporters sfaxiens. Mais le Comité de direction provisoire, avec le soutien indéfectible du Haut comité de soutien, allait faire preuve de retenue en faisant valoir le bon sens avec le maintien de Mohamed Kouki à la tête du staff technique de l’équipe première de football, surtout que cette dernière laissait entrevoir les prémices d’une amélioration dans son rendement, grâce à l’apport ascendant des recrues africaines, à savoir Kevin Mondeko, Emmanuel Ogbole, Ammar Taifour, Willy Onana et autres Hasamadou Ouedraogo. Au début, ces recrues étaient en deçà des attentes, n’ayant débarqué à Sfax qu’à quelques jours seulement du coup d’envoi du championnat et étant à court de préparation et, de ce fait, pas physiquement au point. Mais, peu à peu et avec l’enchaînement des entraînements, ils ont fini par avoir de meilleures sensations.
Montée en puissance
En plus de la confirmation des recrues, il y a également eu celle de plusieurs jeunes, pour la plupart issus du terroir du club. Et là, on fait allusion aux défenseurs Youssef Habchia et Rayan Derbali, au milieu du terrain Mohamed Trabelsi, à l’excentré gauche Iyed Belwafi et à l’attaquant Omar Ben Ali. A tout ce beau monde, il faudrait ajouter l’inépuisable Ali Maâloul. Un joueur hors pair qui a défié le poids de l’âge et a pu surmonter les vicissitudes d’une grave blessure sous forme de rupture du talon d’Achille l’ayant éloigné de la compétition. Ali Maâloul a réussi à retrouver la plénitude de ses moyens et s’est imposé aujourd’hui comme l’encadreur et le capitaine incontesté de l’équipe.
Malgré une crise financière chronique qui a conduit le CSS à se trouver sous le coup d’une interdiction de recrutement, et tout en prenant son mal en patience, l’équipe allait faire preuve de discipline, d’abnégation et de cran pour aller toujours de l’avant. Tant et si bien qu’elle a pu remonter progressivement la pente, se hissant d’abord au milieu du tableau avant d’intégrer le peloton de tête où elle figure aujourd’hui à la troisième place, derrière les deux co-leaders, l’Espérance Sportive de Tunis et le Club Africain. Une troisième place que le CSS vient de conforter à la faveur de sa large victoire aux dépens de la Jeunesse Sportive Kairouanaise grâce à un triplé de l’attaquant nigérian Emmanuel Ogbole. Sans ce départ totalement raté et la perte injuste de deux points contre le club de Bab Jedid suite à une bourde de l’arbitre de la VAR, le CSS serait aujourd’hui en tête du classement.
La Ligue des Champions en point de mire
Même si mathématiquement tout reste possible, puisque pas moins de 18 points sont encore en jeu, objectivement il sera difficile au CSS de prétendre à la plus haute marche du podium vu l’importance du retard (6 points) qu’il accuse sur les deux co-leaders. D’autant que le reste du calendrier est loin d’être facile puisque les Sfaxiens auront à affronter en déplacement une formation qui lutte pour le maintien, l’Avenir Sportif de Soliman, lors de la prochaine journée, avant de recevoir le Stade Tunisien au Taïeb Mhiri, puis d’affronter l’Espérance de Tunis à Radès et, lors de la dernière journée, de recevoir l’Etoile Sportive du Sahel. L’ensemble sfaxien a toutefois pris une sérieuse option pour une participation à la prochaine édition de la Coupe de la CAF.
Mais il pourrait toujours aspirer boucler le championnat à la deuxième place et prendre ainsi part à la Ligue des Champions. Comme l’a souligné Mohamed Kouki à l’issue de la victoire contre la JSK : «L’objectif assigné au CSS est de disputer les six derniers matches comme s’il s’agissait de matches de coupe où le seul et unique mot d’ordre est la victoire, sans regarder ce qui se passe devant ni derrière nous.»
Ameur KERKENNI
