Déboulant sans crier gare dans les pas de la finale du Super Play-off, remportée en deux temps trois mouvements par l’Union Sportive Monastirienne sur le score sans bavure de (3-0), cette demi-finale de coupe, une finale anticipée en fait, met les Bleus face à un impératif de ratification. Devant une bien poissarde Jeunesse Sportive Kairouanaise qui aurait mérité, à tout le moins, un insuccès autrement digne et non une pareille déconfiture et qui sera aiguillonnée ce soir par un esprit de vendetta à la corse, mais sportivement parlant. Qui de l’USM ou la JSK rejoindra le Club Africain au stade suprême de dame Coupe, sachant que les fantassins de Bab Jedid ont composté quasiment les mains dans les poches leur billet pour l’apothéose de la saison au détriment d’un moyennement volontaire Cinq ansarien? Chacun des deux malabars de notre balle orange s’escrimera à emporter le morceau, les Bleus dans une aspiration à confirmer leur carton plein du championnat qui leur a valu le 10e sacre de leur histoire et, corrélativement, à piqueter le chemin à une 7e coupe de Tunisie, la Chabiba dans une folle ambition d’obtenir d’une main de fer réparation après sa cruelle Bérézina du récent final du Super Play-off et de paver la voie à un 3e trophée qui se fait languir depuis… 2005.
Franklin de-ci…
Pour cristalliser toutes ces bonnes intentions, les Ribatiens peuvent fort légitimement se targuer de détenir la clé de voûte, la pierre centrale et sommitale garante de succès, allusion à la valeur avérée d’une brochette d’individualités au premier rang desquelles l’Américain Troy Franklin, un meneur-finisseur hors pair, se prévalant d’une éminente maestria à orienter le jeu et d’un notable brio à parachever les actions, ce qui fait de lui un scoreur exceptionnel, comme l’illustre éloquemment son capital-points à la clé du dernier duel disputé justement contre cette même JSK, soit un effarant 38 points. Outre son compatriote Osiris Eldridge, un vrai parangon du poste 2, tout aussi émérite dans l’exercice des tirs au-delà des 6,75 mètres, ainsi que les Tunisiens Firas Lahiani, Monsieur «Aéroplane», Bechir Ben Yahia, Monsieur «Block-shot», l’un des meilleurs pivots défensifs que la Tunisie ait enfantés, une insigne Kyrielle de joueurs à l’apport considérable tels les Jaziri, Berrached… et surtout une particularité que leur envient les écuries les plus huppées de notre balle orange, un banc tellement étoffé que la différence au détriment de l’adversaire peut venir de la guérite monastirienne truffée d’éléments à la portée le plus souvent décisive, à chaque fois qu’ils sont sollicités, à l’image des Ghayaza, Addami, Methnani, Mhamli… une superbe cavalerie pailletée de joueurs savamment exercés dont le coach espagnol, Arturo Alvarez, a su tirer le fin du fin, un constat irréfutable comme l’illustre persuasivement le récent titre de champion de Tunisie.
… Jackson de-là
Est-ce à dire que la JSK est pour autant vouée à une cause perdue ? Certainement pas, au vu des atouts dont elle peut à son tour se glorifier et qui peuvent, sur un match, lui valoir la plus belle gratification. Entendons un autre Américain qui, pour peu qu’il soit dans son jour, est à même de voler la vedette à son émule d’en face, Troy Kranklin, nommons… Jordan Jackson, l’un des étrangers les plus performants ayant foulé nos parquets, lui aussi un «as de la gâchette», réputé également pour sa stupéfiante explosivité. Quant au pivot nigérian Francis Azolibe, il se réclame d’un jeu certes sobre mais assez efficace à l’intérieur de la bouteille. La Chabiba peut compter par ailleurs sur des individualités à même de faire ployer n’importe quel antagoniste, les Dhif, à l’orchestration du jeu, ainsi qu’à la finition, Mnafedh, dans l’opération transition, Ben Makhlouf dans l’exercice des tirs, Hammi à l’intérieur de la raquette et un certain Chihi dans un dispositif intérieur-extérieur tout en accordéon. Le facteur clé de succès pour tout ce beau monde réside toutefois dans une étincelante forme du jour, outre une robustesse mentale à toute épreuve, surtout que la belligérance se déroulera extra-muros, faute de quoi, malgré toute l’ingéniosité de leur manager patenté, Marouène Kechrid, il sera extrêmement incommode aux Aghlabides d’asseoir leur autorité, à cause d’un «banc» moins foisonnant que celui qui leur sera adjacent sur le bord de touche. S’agissant, en tout état de cause, d’un match de coupe avec comme assaisonnement un suspense paroxystique, des aléas de tout acabit, de potentiels coups de théâtre… ce devra être fifty-fifty, substantiellement conditionné par le nom du triomphateur du duel direct ou à distance, Franklin-Jackson.
Wahid SMAOUI
