Première équipe de la Nationale A à avoir prématurément assuré, depuis samedi dernier, son accession à la plus haute sphère des compétitions des clubs en Tunisie, El Menzah Sport savoure, aujourd’hui, l’extase d’une réalisation qui a tout d’un exploit. Exploit, et c’est vrai, quand on sait que cette équipe, qu’on disait vieillie, a entamé le championnat en automne, sans faire partie du lot des prétendants potentiels à la montée, à savoir l’Union Sportive Témimienne, la Jeunesse Sportive Chihia et le Club Athlétique Bizertin. Qu’à cela ne tienne, rira bien qui rira le dernier.
Ne faisant nullement impression tout au long de la phase aller, El Menzah Sport a commencé à montrer le bout du nez en engrangeant une série de victoires tout autant précieuses qu’inattendues. Dès lors, on est passé de la rigolade au sérieux, du rang de spectateur à celui d’acteur incarnant les premiers rôles dans le film de la course à l’accession.
La griffe de Karim Zaghouani
«C’est à ce moment-là que j’ai senti émerger le couronnement», se souvient l’entraîneur de l’équipe, l’ancienne gloire de l’Espérance Sportive de Tunis et du Club Africain, Karim Zaghouani, dont tous les Menzahois affirment aujourd’hui, comme un seul homme, que l’accession porte sans conteste sa griffe. Tacticien hors pair doublé de psychologue, Karim Zaghouani, qui redoutait un relâchement, s’efforçait encore de maintenir la pression sur sa troupe, allant jusqu’à frapper aux portes des joueurs et des responsables du club pour pouvoir aller jusqu’au bout de la conquête. Et maintenant que la mission est victorieusement accomplie, ledit coach, dont on connaît la gentillesse et la modestie, n’hésite pas à rejeter des deux mains les éloges pleuvant sur sa personne, préférant les adresser à tous ses poulains et aux dirigeants du club, Mohamed Aziz Chahed et Naoufel Allala.
En conclusion, il faut rappeler qu’El Menzah Sport retrouve ainsi le championnat Elite, après 15 ans au purgatoire. Serait-ce le prélude à une véritable réhabilitation d’un club qui a, dans les années 70-80, tout donné au handball tunisien, à travers de grands joueurs tels que Jihed Azaïez et les frères Baccar ? C’était incontestablement l’époque la plus glorieuse de l’histoire d’une association qui ne jurait que par son bâtisseur et l’architecte de sa renommée, le regretté Ahmed Aloulou.
Mohsen ZRIBI
