L’association tunisienne des sages femmes et l’art de l’accouchement a rejeté, vendredi, les informations relayées à propos d’un lien direct entre le dépistage prénatal non invasif (DPNI) et l’avortement sélectif en Tunisie.
Elle a précisé que ces informations » n’ont pas été appuyées par des données nationales et reposent sur des informations non vérifiées, qui comportent des erreurs méthodologiques dans le raisonnement ».
L’association a souligné dans son communiqué, que le lien potentiel entre le dépistage non invasif prénatal et l’avortement constitue un « risque sociétal avéré » qui ne relève pas du débat scientifique, mais plutôt d’une exagération injustifiée des risques en dehors de la logique de la médecine fondée sur des preuves, mettant en garde contre le discours alarmiste qui a un impact direct sur la qualité du débat public et la confiance des citoyens dans la pratique médicale.
Elle a noté que ce genre de déclarations pourrait entraîner une confusion auprès de l’opinion publique, et détourner le débat de la santé maternelle et infantile vers des controverses hypothétiques, qui réduisent la confiance accordée aux technologies de la médecine moderne.
L’association a suivi récemment les déclarations sur les réseaux sociaux qui associent le DPNI à un risque démographique supposé du à l’avortement sélectif basé sur le sexe de l’enfant et le présente comme une donnée quasi certaine nécessitant une mise en garde.
Elle a estimé que ce discours est basé sur une série de conclusions non scientifiques, qui commencent par une hypothèse non prouvée et se terminent par des généralisations dangereuses pour la santé publique, selon ses dires, sans passer par un quelconque niveau de vérification épidémiologique ou de preuve locale.
L’association tunisienne des sages femmes et l’art de l’accouchement a précisé que le dépistage prénatal non invasif (DPNI) est une technique médicale génétique visant à détecter de manière précoce les troubles chromosomiques spécifiques, à améliorer le suivi de la grossesse et à appuyer la décision médicale basée sur des preuves, et non un outil social visant à déterminer le sexe de l’enfant ou une cause directe de pratiques sociales.
« Réduire cette technique à un prétexte pour l’avortement sélectif, sans preuve de lien causal direct, constitue une déformation de sa fonction médicale et de son contexte scientifique », a-t-elle relevé.
