La présidente de l’association tunisienne de la gouvernance et de l’égalité des Chances entre les femmes et les hommes dans les postes de décision (ATGEC), Amel Sammoud Khammari a appelé à la nécessité de renforcer l’égalité effecive en matière de rémunération salariale et de parcours professionnels, estimant que l’égalité salariale constitue un droit fondamental ainsi qu’un élément fondamental de la justice économique et sociale et du développement durable.
Dans une déclaration à l’agence TAP, à l’occasion de la journée internationale de l’égalité de rémunération célébrée chaque année le 18 septembre, la présidente de l’association a indiqué que la Tunisie a adhéré, depuis des décennies, au processus international en faveur de l’égalité salariale, rappelant qu’elle a ratifié, en 1968, la Convention n° 100 de l’Organisation internationale du Travail (OIT) relative à l’égalité de rémunération entre les travailleurs et les travailleuses pour un travail de valeur égale.
Selon elle, le défi consiste aujourd’hui à passer d’une égalité consacrée par les textes de loi à une égalité effective en matière de rémunération et de parcours professionnels, notamment en ce qui concerne le recrutement, la promotion, la formation et l’accès aux postes de responsabilité et de décision.
Pour elle, la notion de l’égalité ne devrait pas se limiter au principe « travail égal, salaire égal », mais elle devrait également englober l’égalité de rémunération pour un travail de valeur égale, sur la base de critères objectifs et transparents d’évaluation des emplois, des compétences et des responsabilités, appelant, à cet égard, à renforcer la production et la publication de données et de statistiques classées par sexe, secteur, profession et niveau de responsabilité, afin de permettre de mesurer avec précision les écarts de rémunération, d’en identifier les causes et de mettre en place les politiques appropriées pour y remédier.
Khammari a souligné, dans ce contexte, que la réduction des disparités doit aller de pair avec le parcours professionnel des femmes, notamment en ce qui concerne l’impact de la maternité et des responsabilités familiales sur leur accès à la formation, à la promotion et aux postes à responsabilité.
Elle a, dans ce sens, suggéré d’étudier la possibilité de mettre en place un mécanisme institutionnel afin de consacrer l’égalité dans les administrations et les institutions tunisiennes, à l’instar d’autres pays.
La présidente de l’ATGEC a encore mis l’accent sur l’importance de renforcer la transparence des systèmes de rémunération et des mécanismes de fixation des salaires et d’adopter des critères objectifs pour évaluer les emplois et les travaux de valeur égale, afin de garantir l’égalité des chances en matière de recrutement, de promotion, de formation et d’accès aux postes à responsabilité.
Elle a aussi jugé indispensable de développer des mécanismes permettant de mesurer et de publier les écarts de rémunération entre les femmes et les hommes, afin de veiller à ce que le congé de maternité et les responsabilités familiales n’aient pas d’incidence négative sur le parcours professionnel, l’ancienneté et les chances de promotion.
Elle a, enfin, recommandé d’instaurer un mécanisme d’égalité au sein des administrations afin de suivre les questions liées à la discrimination et à l’égalité, d’accompagner les femmes dans leur parcours professionnel et de mettre en œuvre des programmes de réinsertion, de formation et de mise à jour des compétences après les périodes d’interruption liées à la maternité ou aux responsabilités familiales.L’objectif étant de favoriser la conciliation entre vie professionnelle et vie familiale, considérées comme faisant partie intégrante des politiques en faveur de l’égalité économique.
