Déjà éliminée de la course à la qualification après deux lourds revers face à la Suède (1-5) et au Japon (0-4), la sélection tunisienne disputait, ce soir à Kansas City, son ultime sortie dans cette édition du mondial américain. Face aux redoutables « Oranje », les Aigles de Carthage, libérés de toute pression comptable, ont livré une prestation en deux temps, ponctuée par un but de Hamza Mastouri, avant de s’incliner logiquement (1-3).
Pour cette dernière rencontre, le technicien français Hervé Renard a saisi l’opportunité de procéder à une série de remaniements. Il a reconduit un système avec une défense à trois (Talbi, Ben Hmida, Ilyes Sekhiri) tout en offrant sa première titularisation en pointe à Hamza Mastouri, épaulé par Ismail Gharbi et Hannibal Mejbri. Un onze remanié pour amorcer une transition et offrir du temps de jeu aux éléments les moins utilisés.
L’entame tunisienne fut même des plus enthousiastes. Dès la 2e minute, Mastouri débordait sur son côté et servait Gharbi, qui manquait malheureusement le cadre depuis le point de penalty. Mais le football réserve parfois des tours cruels : dans la foulée, un ballon contré par Ilyes Sekhiri trompait son propre gardien (3e), avant que Brian Brobbey n’exploite un cadeau défensif pour alourdir la marque à 0-2 dès la 7e minute. Les coéquipiers de Sekhiri, bien que solidaires, subissaient alors la pression des Néerlandais, contraints de s’employer dans un bloc bas durant une grande partie du premier acte, sans parvenir à inquiéter sérieusement le portier adverse si ce n’est une tentative timide de la tête d’Anis Ben Slimane (12e).
Au retour des vestiaires, les Tunisiens ont affiché un tout autre visage. Après avoir écarté un nouveau danger sur une tentative de Dumfries bien contrée (51e), la surprise vint du côté des Aigles ! A la 54e, sur un corner parfaitement tiré, Hamza Mastouri, d’une tête précise, crucifiait le gardien néerlandais pour inscrire le deuxième but de la sélection nationale dans la compétition, réduisant l’écart à 2-1. Une belle maigre récompense pour une équipe de Tunisie passée à côté de l’événement.
Malheureusement, cette embellie fut de courte durée. Sur une remise de la tête mal dégagée par Ben Slimane, Jan Paul van Hecke profitait de l’aubaine pour redonner deux buts d’avance aux Pays-Bas (62e). Peu après, le cadre sauva in extremis les Tunisiens suite à une sortie hasardeuse de Ben Dahmen (65e). Le sélectionneur Hervé Renard opérait alors un triple changement (Haj Mahmoud, Achouri et Ben Ouannes) pour insuffler un nouveau souffle. Dans le dernier quart d’heure, les Tunisiens retrouvèrent un second vent : Mejbri, d’une frappe lointaine, obligea le gardien hollandais à une belle parade en corner (76e), mais le score ne bougea plus.
L’entrée de Sébastien Tounekti dans le temps additionnel faisait office d’ultime carte jouée par Renard dans un match dont le sort était déjà scellé.
Dans l’autre rencontre du groupe F, le Japon et la Suède se sont neutralisés sur un nul (1-1), permettant aux Pays-Bas de s’adjuger la première place. Si ce mondial restera un parcours semé d’embûches pour les Aigles de Carthage, cette ultime sortie aura au moins eu le mérite de révéler une certaine capacité à montrer une réaction d’orgueil bienvenue. Les coéquipiers de Sekhiri quittent la scène américaine avec la certitude que ces matchs, disputés face à des équipes plus ou moins fortes, ont offert de précieuses enseignements pour l’avenir du football tunisien.
Formation de la Tunisie :
Aymen Dahmene, Ali Abdi, Montassar Talbi, Mohamed Amine Ben Hamida (Ben Ouannes), Yan Valery, Ellyes Skhiri, Rani Khedhira (Haj Mahmoud), Hannibal Mejbri, Ismael Gharbi (Chaouat), Anis Ben Slimane (Achouri), Hazem Mastouri (Tounekti).
(D’après Tap)
