Le Temps News
  • NATION
    • Politique
    • Justice
    • Corps de métiers
    • Régions
    • Organisations nationales
  • SANTE
    • Le point sur la pandémie
    • Bien être
    • Structures hospitalières
  • SOCIETE
    • Consommation
    • Eau
    • Éducation
    • Médias
    • Environnement
    • Météo
    • Faits divers
    • Services
    • Sciences et technique
  • ECONOMIA
    • Agriculture
    • Autos
    • Chambres de commerce
    • Conjoncture
    • Entreprises
    • Finances/ Banques
    • La Bourse au quotidien
    • Industrie
  • Sports
    • Foot
    • Volley-ball
    • Basket-ball
    • Hand-ball
    • Tennis
    • Turf
    • Handisports
    • Arbitrage
    • La vie des clubs
  • CULTURA
    • Musique
    • Cinéma
    • Théâtre
    • Arts visuels
    • Littérature
    • Patrimoine
    • Spectacles
    • Agenda culturel
    • Réflexion
  • SUCCESS STORY
  • BLOGS
  • SOCIETE CIVILE
    • Les associations
  • LIFESTYLE
    • Loisirs
    • Tendances
  • VIDEOS
Erreur, pas de jeu d’identité publicitaire! Vérifiez votre syntaxe!
Facebook Twitter Instagram
Facebook Twitter Instagram YouTube
Le Temps News
Abonnez-vous
  • NATION
    • Politique
    • Justice
    • Corps de métiers
    • Régions
    • Organisations nationales
  • SANTE
    • Le point sur la pandémie
    • Bien être
    • Structures hospitalières
  • SOCIETE
    • Consommation
    • Eau
    • Éducation
    • Médias
    • Environnement
    • Météo
    • Faits divers
    • Services
    • Sciences et technique
  • ECONOMIA
    • Agriculture
    • Autos
    • Chambres de commerce
    • Conjoncture
    • Entreprises
    • Finances/ Banques
    • La Bourse au quotidien
    • Industrie
  • Sports
    • Foot
    • Volley-ball
    • Basket-ball
    • Hand-ball
    • Tennis
    • Turf
    • Handisports
    • Arbitrage
    • La vie des clubs
  • CULTURA
    • Musique
    • Cinéma
    • Théâtre
    • Arts visuels
    • Littérature
    • Patrimoine
    • Spectacles
    • Agenda culturel
    • Réflexion
  • SUCCESS STORY
  • BLOGS
  • SOCIETE CIVILE
    • Les associations
  • LIFESTYLE
    • Loisirs
    • Tendances
  • VIDEOS
Le Temps News
Accueil » Loi 72, centres d’appels et panne d’imagination : la Tunisie peut-elle viser plus haut ?
Centres-dappels
ECONOMIA vendredi, 15 mai, 2026,19:328 Mins Read

Loi 72, centres d’appels et panne d’imagination : la Tunisie peut-elle viser plus haut ?

Partager
Facebook Twitter LinkedIn Pinterest Email

Par   Zouhaïr BEN AMOR (Universitaire)

Il existe des choix économiques qui rassurent parce qu’ils donnent vite l’illusion du mouvement. Ils créent des emplois, attirent des investisseurs, remplissent des zones d’activité, installent des enseignes internationales et permettent aux gouvernants de montrer des chiffres avant de montrer une vision. La Tunisie a longtemps vécu sur ce type de compromis. La loi 72 de 1972, pensée pour favoriser les entreprises totalement exportatrices, a ouvert la voie à un régime offshore qui a incontestablement joué un rôle dans l’insertion du pays dans les circuits internationaux de production. Il a attiré des capitaux, favorisé l’implantation d’entreprises orientées vers l’export et contribué à la création d’emplois. Mais ce même modèle, à mesure qu’il s’est installé, a aussi fabriqué une économie duale, séparant un secteur branché sur l’extérieur d’un tissu intérieur beaucoup moins dynamique, moins innovant et moins compétitif. Les analyses de la Banque mondiale et de l’OCDE soulignent justement que ce régime a eu des effets positifs au départ, mais qu’il a fini par enfermer une part de l’économie tunisienne dans des activités à faible valeur ajoutée et dans une logique devenue insuffisante pour soutenir un développement plus ambitieux. 

C’est dans ce paysage qu’il faut situer les entreprises que le langage courant finit par confondre avec un nom devenu emblématique : Téléperformance. La société, présente en Tunisie depuis 2000, annonce employer plus de 7.500 collaborateurs répartis sur plusieurs centres du Grand Tunis et de Sousse. Il serait absurde de nier ce qu’un tel groupe représente : des salaires, des trajectoires individuelles, une première insertion professionnelle pour beaucoup de jeunes, une certaine fluidité dans un marché du travail souvent asphyxié. Pour des milliers de familles, ce type d’emploi a été une bouée. Pour un pays en manque d’opportunités, il a offert une solution visible, immédiate, presque consolatrice. 

Mais une économie ne se juge pas seulement à sa capacité à absorber provisoirement du chômage. Elle se juge aussi à ce qu’elle fait de l’intelligence d’un pays, de sa jeunesse instruite, de sa langue, de ses compétences, de son ambition historique. Or c’est ici que le malaise commence. Car si la loi 72 et les entreprises de services externalisés ont pu dépanner l’économie tunisienne, elles ont aussi nourri une tentation de facilité : croire qu’un pays peut longtemps prospérer en mettant sa jeunesse au service des besoins périphériques d’autres économies, sans exiger d’elle autre chose qu’une politesse scriptée, une endurance vocale et une disponibilité horaire.

Le problème n’est pas le travail en lui-même. Il n’y a aucune honte à répondre à un client, à traiter une demande, à rendre un service, à faire tourner une activité mondialisée. Le problème est dans la hiérarchie des horizons. Lorsqu’un modèle économique finit par considérer comme aboutissement acceptable, pour une large part de ses diplômés, le fait de passer leurs journées à gérer à distance les irritations, les pannes, les abonnements et les angoisses de consommateurs situés ailleurs, alors il faut avoir le courage de poser une question désagréable : est-ce là le meilleur usage de l’énergie intellectuelle d’un pays ?

Une économie qui emploie n’est pas encore une économie qui élève

On défend souvent ce modèle par réalisme. On dit : mieux vaut cela que rien. C’est vrai, à court terme. Mais le court terme, lorsqu’il devient doctrine, finit par dégrader l’idée même de développement. Une nation qui se contente d’être une plateforme commode, fiscalement attractive, disciplinée et bon marché pour les tâches de sous-traitance finit par intérioriser une place subalterne dans la division internationale du travail. Elle apprend à se louer avant d’apprendre à se projeter. Elle perfectionne l’exécution avant de cultiver l’invention.

Les grandes critiques adressées au régime offshore tunisien vont d’ailleurs dans ce sens. La Banque mondiale a relevé que ce système avait bien attiré l’investissement et créé de l’emploi, mais qu’il avait aussi contribué à maintenir l’offshore dans des activités peu intensives en valeur ajoutée, tout en creusant la dualité entre économie tournée vers l’export et économie domestique. Elle note aussi que l’avantage fiscal accordé pendant des décennies aux entreprises offshore a coûté cher, sans que sa réduction ait produit d’effets majeurs sur leurs performances, ce qui suggère que l’attrait de la Tunisie ne devait pas reposer uniquement sur des privilèges fiscaux. 

Autrement dit, la Tunisie a peut-être trop longtemps confondu attractivité et rabais. Elle a pensé qu’il suffisait d’être moins chère, plus flexible, plus docile réglementairement pour gagner sa place. Or on ne bâtit pas une économie adulte en se définissant surtout par ce qu’on concède. Le jour où un autre pays est moins coûteux, plus souple, plus nombreux, l’avantage disparaît. Il ne reste alors qu’un tissu d’activités peu enracinées, capables de se déplacer, de se recomposer, de partir.

Le drame est aussi culturel. Les économies de centres d’appels et de services externalisés finissent par imposer un certain type de discipline mentale. On y valorise la répétition, le script, l’alignement, la performance mesurée à la minute, le langage calibré, la résolution standardisée. Cela forme parfois des réflexes utiles, certes. Mais cela peut aussi installer chez une partie de la jeunesse l’idée que la réussite consiste essentiellement à bien exécuter des consignes conçues ailleurs. À la longue, un pays qui s’habitue à cela prend le risque de déséduquer son propre imaginaire productif.

Le vrai défi tunisien : sortir du dépannage et entrer dans le dessein

La Tunisie mérite mieux qu’une économie du dépannage. Elle mérite une économie du dessein, c’est-à-dire une économie qui sait où elle veut conduire ses talents. Le pays dispose de ressources humaines, d’une tradition éducative, d’une proximité européenne, d’une capacité d’adaptation réelle, d’un potentiel technologique et créatif qui devraient l’orienter vers des segments plus intelligents de la chaîne de valeur : ingénierie, conception, logiciels, services professionnels avancés, industries culturelles, santé, transition énergétique, recherche appliquée, technologies linguistiques, contenus éducatifs, design industriel, agro-industrie sophistiquée. Rien de tout cela n’est hors de portée. Ce qui manque le plus n’est pas l’intelligence, c’est la décision collective de la mobiliser autrement.

Il ne s’agit donc pas de diaboliser Téléperformance ni de mépriser ceux qui y travaillent. Ce serait injuste et même indécent. Les salariés de ces entreprises font ce qu’ils peuvent dans le cadre qu’on leur propose, et beaucoup y montrent du courage, de la rigueur et un vrai professionnalisme. La critique doit viser le modèle, non les personnes. Ce n’est pas la jeunesse tunisienne qui manque d’ambition, c’est trop souvent l’économie qu’on lui offre qui manque d’imagination.

Prévenir cette dérive exige un changement de philosophie publique. L’État ne devrait plus seulement chercher des investisseurs capables d’absorber rapidement de la main-d’œuvre. Il devrait se demander quel type d’économie il veut fabriquer dans dix ou quinze ans. Veut-il continuer à vendre surtout des exonérations, de bas coûts et une disponibilité linguistique ? Ou veut-il organiser la montée en gamme du pays ? La différence est décisive. Dans le premier cas, on administre la survie. Dans le second, on prépare la souveraineté économique.

Il faudrait donc cesser de sacraliser la loi 72 comme un totem historique. Elle a eu sa fonction. Elle a appartenu à un moment du développement tunisien. Mais les instruments qui ont aidé un pays à démarrer peuvent l’empêcher, plus tard, de grandir. L’erreur n’est pas d’avoir eu recours à ce régime ; l’erreur serait d’en faire encore, un demi-siècle plus tard, le cœur implicite de notre imagination économique. On ne peut pas éternellement former des diplômés pour les affecter à des tâches de périphérie, puis s’étonner que le pays manque de chercheurs, d’entrepreneurs audacieux, de concepteurs, de producteurs de savoir et de valeur.

Au fond, la vraie question est presque morale. Qu’attendons-nous de l’économie tunisienne ? Qu’elle occupe les gens ou qu’elle les grandisse ? Qu’elle les paie à court terme ou qu’elle les hisse à la hauteur de leurs capacités ? Une économie qui emploie est utile. Une économie qui élève est nécessaire. Tant que nous n’aurons pas fait cette distinction, nous continuerons à célébrer comme des victoires des solutions qui, à long terme, rétrécissent le pays.

La Tunisie n’a pas besoin de moins de travail. Elle a besoin de plus d’audace dans le choix de ses travaux. Elle n’a pas besoin d’humilier ce qui existe déjà, mais de refuser que cela constitue l’horizon final. Car un peuple qui parle plusieurs langues, qui forme ses enfants, qui tient encore debout malgré les crises, ne peut pas se résigner à n’être qu’un excellent prestataire de fatigue pour les économies des autres. Il doit aspirer à devenir, enfin, l’auteur de ses propres priorités. 



économie Tunisie

Articles liés

A l’heure des turbulences mondiales : la Tunisie et l’épreuve des choix énergétiques

mardi, 28 avril, 2026,08:36

Ahmed El Karam, président d’honneur de l’ATCF : « Ce conflit du Moyen Orient est une opportunité pour démarcher une nouvelle clientèle et remplir nos hôtels cet été »

lundi, 27 avril, 2026,10:16

« La Tunisie dispose de tous les atouts pour s’imposer dans l’économie numérique »

jeudi, 23 avril, 2026,11:14
Les derniers articles
ECONOMIA
ECONOMIA

Loi 72, centres d’appels et panne d’imagination : la Tunisie peut-elle viser plus haut ?

vendredi, 15 mai, 2026,19:32

Par   Zouhaïr BEN AMOR (Universitaire) Il existe des choix économiques qui rassurent parce qu’ils…

Pluies éparses et temporairement orageuses sur le nord et le centre

vendredi, 15 mai, 2026,18:05

Sécurité alimentaire ou souveraineté alimentaire : quel choix pour la Tunisie ?

vendredi, 15 mai, 2026,17:22

Football mondial : les meilleurs buteurs de tous les temps

vendredi, 15 mai, 2026,15:20

UGTT-gouvernement : vers des concertations sur les grandes réformes ?

vendredi, 15 mai, 2026,13:33
  • Facebook
  • Twitter
  • Instagram
  • YouTube
———————————————–

Délégataire: MOHAMED BEN SALEM

———————————————–

Journal électronique
Édité par Dar Assabah
Siége : Bd. Mohamed Bouazizi El Menzah
Téléphone  : 71 238 222 (lignes Groupées)
Fax : 71 752 527

Facebook Twitter Instagram YouTube
© 2026      Le temps ALL RIGHT RESERVED

Type above and press Enter to search. Press Esc to cancel.