«Aucun cas de hantavirus n’a été enregistré en Tunisie», a affirmé le ministère de la Santé. Dans un communiqué publié le dimanche 17 mai 2026, le ministère a recommandé aux voyageurs de respecter les consignes sanitaires générales durant leurs déplacements, de veiller au respect des règles d’hygiène et d’éviter tout contact avec les rongeurs. Le ministère a également appelé toute personne présentant des symptômes tels que la fièvre ou des difficultés respiratoires après un séjour dans les zones affectées par ce virus à consulter rapidement les services de santé.
«Le ministère poursuit le renforcement du dispositif de veille sanitaire, de surveillance épidémiologique, ainsi que des mécanismes de préparation et de réponse, notamment au niveau des points d’entrée du territoire et des services spécialisés, afin d’assurer une détection précoce et une prise en charge rapide de toute évolution éventuelle», a indiqué le communiqué.
Par ailleurs, le communiqué souligne que le ministère suit de près, en coordination avec l’Organisation mondiale de la santé (OMS) et les instances sanitaires internationales compétentes, l’évolution de la situation épidémiologique liée au hantavirus.
En outre, le ministère a appelé les citoyens et les médias à ne pas relayer les rumeurs ou les informations non vérifiées et à se référer exclusivement aux communiqués officiels publiés par le ministère de la Santé et les organismes sanitaires internationaux compétents.
Riadh Daghfous : «Pas de risque de propagation en Tunisie»
De son côté, le directeur général du Centre national de pharmacovigilance, Riadh Daghfous, a affirmé, dans une déclaration à l’agence Tunis Afrique Presse (TAP), qu’il n’y a pas lieu de craindre une propagation du hantavirus en Tunisie. Il a rappelé que ce virus a été identifié pour la première fois dans les années 1950 et qu’il comprend plusieurs variants.
Concernant la transmission à l’être humain, Riadh Daghfous a expliqué qu’elle se fait généralement par contact avec des rongeurs infectés, notamment à travers leurs excréments, leur urine ou leur salive, ainsi que par inhalation de particules contaminées ou par contact direct, en particulier dans des espaces clos ou mal ventilés. «Plus rarement, le virus peut également être transmis par morsure ou griffure de rongeur», a-t-il souligné.
S’agissant des symptômes, il a indiqué qu’ils ressemblent à ceux de la grippe saisonnière, avec notamment des maux de tête, des douleurs abdominales et articulaires, ainsi qu’une forte fièvre. Il a toutefois précisé que certaines formes peuvent entraîner des complications graves, certaines souches du virus pouvant affecter les poumons ou les reins.
Il a ajouté que le taux de mortalité peut varier entre 35% et 50%, précisant que des chercheurs dans plusieurs laboratoires à travers le monde travaillent actuellement sur le séquençage génétique du virus afin de déterminer la possibilité d’une transmission interhumaine.
OMS : «Les infections demeurent rares à l’échelle mondiale»
Le 6 mai 2026, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a précisé que, bien que les infections à hantavirus demeurent relativement rares à l’échelle mondiale, leur impact sanitaire peut être significatif. Elle a indiqué que le taux de mortalité varie selon les régions et les types de virus, allant de moins de 1% à 15% en Asie et en Europe, et pouvant atteindre jusqu’à 50 % sur le continent américain. Chaque année, le nombre de cas est estimé entre 10.000 et plus de 100.000 infections, avec une charge particulièrement élevée en Asie et en Europe.
Dans le détail, l’OMS a expliqué que les hantavirus appartiennent à la famille des Hantaviridae, relevant de l’ordre des Bunyavirales. Elle a rappelé que chaque type de hantavirus est généralement associé à une espèce spécifique de rongeur, qui en constitue le réservoir naturel. Chez ces animaux, le virus peut persister durablement sans provoquer de symptômes apparents.
Sur le plan épidémiologique, l’OMS a précisé que la contamination humaine survient principalement à la suite d’un contact avec l’urine, les excréments ou la salive de rongeurs infectés. Plus rarement, une morsure peut également être en cause. Certains environnements et activités augmentent le risque d’exposition, notamment le nettoyage de lieux clos ou mal ventilés, les travaux agricoles ou forestiers, ainsi que la présence dans des habitations infestées par des rongeurs.
L’organisation a ajouté que la transmission interhumaine reste exceptionnelle et n’a été observée, jusqu’à présent, que dans de très rares cas. Elle précise que, lorsqu’elle survient, cette transmission est liée à des contacts rapprochés et prolongés, en particulier au sein d’un même foyer ou entre personnes très proches, surtout durant les premiers stades de la maladie, période où le virus peut être plus transmissible.
Sur le plan clinique, les symptômes apparaissent généralement entre une et huit semaines après l’exposition. Ils débutent le plus souvent par de la fièvre, des maux de tête, des douleurs musculaires, ainsi que des troubles digestifs tels que des douleurs abdominales, des nausées ou des vomissements.
Nouha MAINSI
