Auteur/autrice : S.B.

Par Slim BEN YOUSSEF L’administration tunisienne est-elle un rempart de l’État ou un labyrinthe qui étouffe ses citoyens ? Entre les lois écrites et la vie quotidienne, un gouffre s’élargit. Et dans ce gouffre, s’engouffre la confiance des Tunisiennes et des Tunisiens. Bureaucratie lente, apathie assumée, passe-droit sacralisé. Le citoyen, en quête de service, récolte du temps perdu. L’État, censé garantir l’efficacité, s’y dissout en inertie. La règle ne manque pas : codes, circulaires, formulaires, une paperasse qui prolifère comme des moisissures et creuse un canyon entre l’écrit et le réel. Dans l’écart prospèrent les habitudes anciennes : clientélisme banalisé,…

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Par Slim BEN YOUSSEF On reconnaît la Palestine comme on blanchit un crime : sans justice, sans scrupule, avec un sang-froid de bourreau poli. À l’ONU, les mains se lèvent : France, Royaume-Uni, Canada, Belgique, Portugal… La liste s’allonge ; Australie, Andorre, Luxembourg, Malte, Saint-Marin. Mais sur les quais, les cargaisons d’armes appareillent pour l’entité sioniste. Génocide inédit, Nakba perpétuelle, colonies illégales, occupation brutale : l’État soi-disant « reconnu » est un État affamé, assiégé, désossé, massacré. Les ruines calcinées, les charniers béants, les familles déracinées composent sa carte d’identité. Les historiens jugeront s’il y eut jamais une chance de…

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Par Slim BEN YOUSSEF Un élève confie son devoir de maison à la froide lucidité d’un logiciel ; un autre use encore un cahier froissé, privé de l’éclat métallique d’un écran. Cette juxtaposition résume l’essentiel : l’intelligence artificielle a trouvé sa place dans l’école. Mais elle est arrivée sans méthode, sans garde-fou, et son accès reste profondément inégal. Aphorisme : une innovation ne devient nationale que si elle efface les frontières sociales. L’IA n’ajoute pas une intelligence à l’intelligence, elle la décuple. Elle accélère l’acquisition, élargit la mémoire, stimule la curiosité. Elle favorise pourtant aussi la paresse, délègue l’effort, fige…

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Par Slim BEN YOUSSEF Aucune image, aucune commission d’enquête, aucune preuve irréfutable n’interrompra le soutien occidental à Israël. Ni les charniers découverts, ni les rapports d’experts, ni les archives de l’ONU ne fissureront cette complicité. Le génocide, tragédie pour les peuples, ligne de bilan pour les puissants : il perdure tant qu’il rapporte. On n’y mettra fin que lorsque la facture devienne plus lourde que les dividendes. On nous répète que Biden hésite, que Macron tremble, que Starmer ou Scholz manquent de courage. Illusion commode, fable utile. Ils choisissent, s’agenouillent. Biden a sacrifié les élections de 2024 plutôt que rompre avec…

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Par Slim BEN YOUSSEF La Tunisie avance. Elle marche au pas de l’Histoire, portée par l’irréversible et non par le fortuit. Ce mouvement n’admet ni halte ni retour. Il appelle des décisions entières, des lois franches, une jeunesse fidèle à la promesse de bâtir une patrie. Une patrie de liberté, de justice sociale, de dignité, de souveraineté. Une demi-mesure est un compromis boiteux, un héritage toxique. C’est l’art de différer, la science de tronquer, la manie de bricoler. Le temps, lui, additionne, amplifie, transmue, condamne. Et l’hésitation enfante quatre fléaux : stagnation, crise, lassitude, dette — transmis de décennie en…

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Par Slim BEN YOUSSEF La mémoire tunisienne brûle comme une braise, vive et tenace. Elle a accueilli des résistants, enterré des martyrs, gardé des serments. En 1982, Tunis devint à la fois port d’exil et cible de guerre, refuge et champ de bataille. Yasser Arafat, Khalil Wazir, Salah Khalaf, Fakhri Omari, Hayel Abdel Hamid, Farouk Kaddoumi, Nabila Nimr, et tant d’autres figures du Fatah et de l’OLP, trouvèrent ici un asile et un horizon. Tunis fut alors terre d’accueil et d’exil, foyer ardent de la cause palestinienne. Puis vinrent les agressions sionistes et les assassinats lâches : Hammam Chott, le…

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Par Slim BEN YOUSSEF Retenons ceci : le sport est un forgeron. Il façonne les forces vives, aiguise les volontés, alimente les économies. Un stade qui s’élève, et une ville respire. Un centre de formation qui s’ouvre, et une jeunesse réapprend l’horizon. Une arène qui rassemble, et une communauté bat à l’unisson. Et déjà, sur le terrain, le forgeron s’anime : les Aigles de Carthage s’envolent vers le Mondial 2026. Une qualification qui dépasse le sport, rappelant à la nation que l’effort collectif ouvre toujours les portes du monde. La Tunisie a déjà su tremper son acier. El Menzah dans les…

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Par Slim BEN YOUSSEF En Tunisie, l’administration a des airs de décor dystopique : tuyauteries sans issue, machines qui ronflent, formulaires qui prolifèrent comme des moisissures. Fabrique d’attentes en surchauffe, usine de délais égarés : bureaux somnambules, guichets fiévreux, écrans indifférents, tampons voraces. L’air s’y raréfie, les citoyens s’y égarent. Un palais de miroirs où chaque couloir débouche sur une porte close : on y tamponne des papiers et des colères ; on y archive des dossiers et des horizons. Reste à rouvrir les fenêtres – et le sens. Au fil des décennies, l’État s’est bâti un bestiaire de structures…

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Par Slim BEN YOUSSEF Le monde marche sur des charnières rouillées : le pacte répété se mue en rite, puis en mensonge. Forgé par un cartel d’hégémonies, l’ancien système s’essouffle. La scène internationale grince : règles obsolètes, institutions figées, pactes frelatés, diplomaties brouillées. Le Sud global – auquel nous appartenons – parle, rêve, trace, imagine. Il compose sa propre grammaire. Modernité, développement, prospérité : biens d’un avenir partagé, sans frontière ni privilège. L’universalité nouvelle s’écrit autrement : pluralité des voix, dignité des peuples, équité des échanges. La Tunisie l’affirme à sa manière : petite sur la carte, vaste dans sa…

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Par Slim BEN YOUSSEF Dans les petits ports, la mer se tait en bleu, et ce silence est un travail. Les barques peintes patientent comme des bêtes assoupies : felouques dociles, coques animales. Les filets pendus aux murs, lacérés de sel, sont des étoffes sacrées. Des doigts recousent, sachant que chaque maille est assiette, vin, avenir. Dans les criques de Sidi Mechreg, de Sidi Daoud ou de Kerkennah, la pêche artisanale palpite : souffle, mémoire, patience. Les petits pêcheurs avancent de nuit, guidés par la lune, portés par le courant et la foi. Un éclat de veille, une étoile, un…

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