Auteur/autrice : S.B.

Par Slim BEN YOUSSEF Il faut considérer ceci : tout citoyen qui franchit la porte d’un service d’urgence doit être pris en charge immédiatement, sans préalable administratif ni exigence financière. À l’hôpital, le premier geste doit être médical, non bureaucratique. Recevoir, examiner, soigner : telle est la séquence juste. La vie s’impose, sans condition, sans délai, sans calcul. C’est la règle élémentaire d’un État qui se veut social. Les incidents récents, à Gafsa et ailleurs, ont révélé des scènes indignes : un paiement exigé avant un soin, un formulaire réclamé avant un souffle. Là où l’ambulance se gare, la paperasse s’installe. Le…

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Par Slim BEN YOUSSEF Dans les films de Ken Loach, les réunions ne sont jamais spectaculaires. Pas de musique héroïque, pas de tribune enflammée. Des voix qui se chevauchent, des mains qui noircissent des listes, des regards fixés sur la marge du possible. Tout se joue dans le froissement des papiers, la moiteur d’un vestiaire, l’odeur du café renversé sur un procès-verbal. Chez Loach, le syndicat est colonne vertébrale : discret, vital, indestructible. Il maintient les corps droits, ensemble, même sous le poids du monde. En Tunisie, cette colonne vertébrale a un nom : l’UGTT. Née dans la lumière crue…

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Par Slim BEN YOUSSEF Certains communiquent, ces jours-ci, à grands renforts de vertus sur un événement baroque. Dans les chancelleries occidentales, on promet de « reconnaître » la Palestine comme on reconnaît un cadavre à la morgue : trop tard, trop propre. On dégaine des communiqués comme on colle des pansements sur des membres arrachés, ou des certificats de naissance sur des enfants déjà ensevelis. On reconnaît un État comme on absout un crime : sans justice, sans scrupule, avec un sang-froid confondant. Gaza brûle. Gaza meurt. Gaza se dilue dans les décombres. Et pendant que les chancelleries polissent leurs…

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Par Slim BEN YOUSSEF L’affaire Belaïd-Brahmi, procès-fleuve le plus important dans l’Histoire de la Tunisie, a connu, cette semaine, un développement non négligeable, pour ne pas dire majeur : quatre condamnations à mort et neuf peines de prison, qui varient de huit ans à perpétuité, prononcés contre douze accusés dans l’affaire de l’assassinat de Chokri Belaïd. Un verdict forcément important. Importantissime. Mais, au fait, qui a tué Chokri Belaïd ? Malheureusement, la réponse à cette question n’est que trop « partielle » dans le prononcé du jugement, aussi importantissime soit-il. Onze années après l’assassinat, douze hommes de main –garçons de course, tueurs à gage,…

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Je ne veux pas bronzer idiot ! Un slogan de légende pour une manifestation mythique, qui… ne se tiendra pas. A Tabarka, l’énième annulation du Festival de Jazz, annoncée il y a quelques jours, sonne comme un glas. Dans l’impossibilité de payer les factures, les organisateurs jettent l’éponge. Un coup de massue de plus dans la médiocrité ambiante. Pourtant, ce fut un temps où les têtes d’affiches du jazz mondial se bousculaient au portillon de la scène mythique de la Basilique. Il faut compter de très gros bonnets comme Miles Davis, Manu Dibango, Joan Baez, Dizzy Gillespie, Al Di Meola ou…

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Souad Massi revient à Dougga avec un concert plutôt intimiste. Un délicieux cocktail de mélancolie mêlée d’énergie, d’espoir et de résistance. Le public éclectique de la cité antique reste sur sa faim. Elle a chanté le deuil, l’infortune, le dépassement. Elle a chanté l’exil, le spleen, la contestation. Elle a surtout chanté la vie, le courage et la lutte, dans un monde jalonné d’injustices, de débâcles et de chagrins. Au beau milieu des ruines de Dougga, Souad Massi était parfaitement dans son élément hier mercredi (2 août). Le concert, très intimiste, était élégiaque in globo, taciturne par moments, mais plein…

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Par Slim BEN YOUSSEF Qui est Ahmed Hachani, le nouveau chef du gouvernement ? Le président Saïed n’aime pas trop les sentiers battus. Il n’a pas de faible non plus pour les têtes d’affiches. Pour remplacer Madame Bouden, oblitérée par la crise, le président de la République « déniche » sa « perle rare » loin des sphères médiatico-politiques. Ancien cadre de la Banque centrale, juriste de formation, le nouveau chef du gouvernement a tout d’un Tunisien « ordinaire ». Il serait, pour l’anecdote, un grand fan de l’Espérance, un passionné de cyclisme sur route et de la chanson française. Encore…

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Par Slim BEN YOUSSEF D’abord, pas question de lever les subventions d’Etat, et encore moins céder ne serait-ce qu’une part des entreprises du secteur public ; ensuite, impératif de prendre son mal en patience quitte à tenir tête aux pressions (tantôt latentes, tantôt explicites) des puissances occidentales ; enfin, « compter sur soi » et sur ses ressources propres pour trouver de « nouveaux mécanismes », économiques et financiers, à même d’enterrer la crise. Tels sont, en deux temps trois mouvements, les messages-clés envoyés depuis un certain temps par le président Saïed dans ce qui semblerait devenir un bras de fer officiel entre, d’un côté, l’Etat…

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Par Slim BEN YOUSSEF Rigueur et exigence ; mérite, qualité et précellence sont les maîtres-mots d’un système d’enseignement supérieur d’excellence instauré à l’aube de l’Indépendance, dont l’École normale supérieure de Tunis (El Gorjani) est aujourd’hui le dernier bastion, après la disparition de l’École normale de Sousse, celle de Bouchoucha et celle de Bizerte. Apanages de cette institution de prestige, qui forme, depuis la fin des années cinquante, la crème de la crème de l’élite enseignante de la Tunisie, ces mots ne riment nécessairement pas avec roideur administrative, rigorisme exagéré, inclémence déraisonnable et puritanisme de persécution. Car, aller jusqu’à infliger des châtiments…

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Par Slim BEN YOUSSEF Alors, censure ou pas censure ? Peut-être le président Saïed, muni de sa paire de ciseaux pour ruban rouge et d’un plaidoyer pour la « liberté de penser », voulait-il, seulement, rajouter ce zeste de solennité qui avait manqué, ces dernières années, au protocole d’inauguration de la Foire du livre, tout en se démenant, tant qu’on y est, pour cultiver une certaine posture d’homme de culture, qu’il a tant à cœur d’incarner depuis qu’il est au pouvoir. Dans le sillon du « Zaïm » ? Habib Bourguiba, en plus d’être un politique hors du commun et un homme d’Etat incomparable,…

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